La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, le ministre tchèque de l’Éducation, Vladimír Balaš, et un large nombre d’eurodéputés ont redit leur colère, dans la soirée du 13 décembre à Strasbourg, après le refus de l’Autriche et des Pays-Bas, le 8 décembre, de valider l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’espace Schengen (EUROPE 13080/1).
La commissaire s’est dite « extrêmement déçue » et a promis à ces deux pays qu’ils auront leur place dans Schengen en 2023. Elle s’est surtout émue de l’image que les Européens ont renvoyée, une image « fracturée », qui fait le jeu de « Vladimir Poutine », a-t-elle lancé, appuyée en ce sens par le ministre tchèque, qui estime que les ministres auraient dû envoyer un signal « d’ unité ».
Ce veto autrichien et néerlandais (l’Autriche a voté contre la Roumanie et la Bulgarie, les Pays-Bas contre la Bulgarie) est « une erreur », a commenté le chef de file allemand du groupe PPE, Manfred Weber. L’élargissement de la zone de libre circulation « aurait montré que l’on croit au projet Schengen ».
Pour Gabriele Bischoff (S&D, allemande), les ministres ont commis « une erreur magistrale », les Européens montrant qu’ils font des « promesses qu’ils ne tiennent pas ».
Le député allemand de Renew Europe Jan-Christoph Oetjen, de son côté, a qualifié de « honte injustifiable » la position du gouvernement autrichien, qui, « pour de pures raisons de politique intérieure », a bloqué cette entrée.
La Bulgarie et la Roumanie appliquent en outre « bien mieux l’acquis Schengen que des pays déjà membres » de la zone. « Les chefs d’État doivent corriger urgemment » cette décision des ministres, a-t-il ajouté.
Le député portugais du PPE, Paulo Rangel, rapporteur sur l’entrée de la Croatie dans Schengen, a dit lui aussi sa colère à l'encontre du gouvernement autrichien, qui est pourtant dans la mouvance du « PPE », ainsi que du gouvernement de Mark Rutte. La décision de ces deux pays est « injuste ».
Le président roumain, Klaus Iohannis, soulèvera le sujet jeudi 15 décembre, lors du Sommet européen. (Solenn Paulic)