Les dirigeants de l'UE et de l'Association des Nations d'Asie du Sud Est (ANASE, ou ASEAN en anglais) n'ont pas pu « condamner » la guerre en Ukraine dans leur déclaration conjointe adoptée mercredi 14 décembre à l'issue du sommet entre les deux blocs. À la place, ils ont réaffirmé « le besoin de respecter la souveraineté, l'indépendance politique et l'intégrité territoriale de l'Ukraine ». L'UE et l'ASEAN ont également abordé la situation en Afghanistan, en Birmanie, en Corée du Nord ainsi que les menaces à la paix et la sécurité en mer de Chine méridionale.
Ukraine. La raison pour laquelle les dirigeants de l'ASEAN ne pouvaient pas rejoindre l'UE dans sa condamnation de la guerre en Ukraine réside dans le fait qu'ils ne partagent pas tous la même position, a expliqué le Premier ministre cambodgien, Hun Sen, qui préside l'ASEAN pour l'année 2022. « Certains pays ont voté contre la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la guerre et d'autres ont voté pour. Pour ce qui est du Cambodge, nous avons soutenu la résolution », a-t-il expliqué en conférence de presse.
La déclaration conjointe UE/ASEAN fait référence à la résolution adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU le 2 mars 2022. Elle mentionne aussi « des analyses différentes sur la situation et sur les sanctions », mais réaffirme « pour toutes les nations le besoin de respecter la souveraineté, l'indépendance politique et l'intégrité territoriale de l'Ukraine ».
Mer de Chine méridionale. Les deux blocs ont appelé « à éviter les actions qui pourraient accroître les tensions et le risque d'accidents, de malentendus et de mauvais calculs » en mer de Chine méridionale alors que Pékin continue d'exercer une pression sur ce territoire.
Birmanie. Le sommet a été marqué par l'absence de représentant birman, comme voulu par les neuf autres pays de l'ASEAN, qui en ont profité pour affirmer leurs inquiétudes, aux côtés de l'UE, par rapport à la situation politique du pays. Avec l'UE, ils ont appelé la Birmanie à mettre en œuvre le Consensus en cinq points de l'ASEAN.
Corée du Nord. Là encore, les participants au sommet ont exprimé leurs « fortes préoccupations » quant aux tirs répétés de missiles balistiques par Pyongyang. Comme le fait l'UE régulièrement, les deux blocs ont appelé la République populaire démocratique de Corée à se plier aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU qui la concerne.
Afghanistan. La crise humanitaire subie en Afghanistan inquiète également l'UE et l'ASEAN, qui appellent les autorités à permettre l'accès à l'assistance humanitaire partout dans le pays. Ils insistent aussi sur « l'importance d'un gouvermenent inclusif et pleinement représentatif, basé sur l'État de droit, le respect des droits humains et les libertés fondamentales de toutes les personnes en Afghanistan, particulièrement les femmes, les petites filles et les enfants ».
Voir la déclaration conjointe UE/ASEAN : https://aeur.eu/f/4od (Léa Marchal)