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Bulletin Quotidien Europe N° 13084
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / DÉmocratie

Les premiers contours du paquet pour la défense de la démocratie de l'UE s'esquissent, sur fond de scandale de corruption

Programmé avant le « Qatargate » (EUROPE 13082/1, 13084/6) qui agite le Parlement européen, le débat sur l’ingérence étrangère de la session plénière, mercredi 14 décembre, est tombé à point. Si les eurodéputés ont insisté sur la nécessité de traquer toutes les influences étrangères qui pèseraient sur leur institution, à l’origine, la discussion visait à obtenir des éclaircissement sur le paquet pour la défense de la démocratie européenne, annoncé dans le discours sur l’état de l’Union (EUROPE 13021/4).

Paquet défense de la démocratie

Présent lors du débat, le commissaire européen au Budget, Johannes Hahn, a ainsi esquissé les premiers contours du paquet pour la défense de la démocratie, prévu pour le printemps 2023. 

Il a notamment annoncé qu’une « proposition législative visant à protéger nos démocraties des entités de pays tiers exerçant dans l'Union des activités susceptibles d'avoir un impact sur l'opinion publique et la démocratie », une « révision des mesures du Plan d’action pour la démocratie » (EUROPE 12840/4) ainsi que des « des mesures pour des élections sûres et résilientes, y compris, entre autres, des mesures de cybersécurité dans les processus électoraux », sont actuellement examinées.

Interpellé sur les ex-fonctionnaires européens employés par des entités étrangères hostiles, le commissaire a assuré que le paquet aurait pour vocation de « fournir plus de transparence sur l'influence étrangère dissimulée », mais qu’il existe déjà « des dispositions réglementant les activités d’anciens membres du personnel ». 

Pour la plupart, les groupes ont demandé à la Commission d'aller plus loin et d'agir vite. Ainsi, Andreas Schieder (S&D, autrichien) a appelé à « passer les législations au crible » pour « les rendre étanches » afin d'empêcher les ingérences étrangères dans les politiques européennes. Markéta Gregorová (Verts/ALE, tchèque), pour sa part, a réclamé un « plan solide - pas de paquet, pas de codes sans obligations ». Vladimir Bilčík (PPE, slovaque), quant à lui, a insisté sur la nécessité de « prendre des mesures aussi rapidement que possible ». 

La corruption s’invite dans le débat

Secoués par les allégations de corruption qui planent sur le PE, les eurodéputés ont rappelé que le Qatar n’était pas le seul à vouloir influencer l’UE. Tour à tour, ils ont mentionné la Russie et la Chine, mais aussi des groupes « islamistes ou évangélistes américains hostiles aux droits des femmes ». « Nous devons montrer que notre scène politique n'est pas un marché sur lequel Doha, Bakou, Moscou ou Pékin peuvent venir faire leurs emplettes », a martelé Raphaël Glücksmann (S&D, français). 

Enfin, Nathalie Loiseau (Renew Europe, française) a estimé qu'il fallait « faire toute la lumière sur tous les manipulateurs et tous les manipulés » avant de conclure avec une interpellation : « Interrogeons-nous : ceux qui décrivent le Qatar comme un phare des droits de l’homme, ceux qui refusent de voir que la Russie soutient le terrorisme ont-ils seulement des convictions ou bien surtout des comptes en banque ? » (Hélène Seynaeve)

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