La Commission européenne doit présenter début décembre une communication identifiant sept facteurs qui affectent la capacité des systèmes alimentaires, selon un projet de texte vu par EUROPE mardi 29 novembre.
Les catégories comprennent les facteurs biophysiques et environnementaux, la technologie et l'innovation, les facteurs économiques et de marché, l'alimentation et la santé, l'innovation, les facteurs économiques et commerciaux, les performances de la chaîne de valeur alimentaire, les facteurs institutionnels et politiques, les facteurs socioculturels et les facteurs démographiques. La communication ne présente pas une analyse exhaustive des différents moteurs au sein de ces catégories. Elle vise à mettre en évidence ceux qui sont particulièrement pertinents dans le contexte de la sécurité alimentaire de l'UE aujourd'hui et demain.
La Commission distingue les moteurs qui façonnent les conditions macroéconomiques dans lesquelles les systèmes alimentaires existent. « Les facteurs et les tendances sous-jacentes, tels que les phénomènes météorologiques extrêmes, la perte de biodiversité, l'augmentation du coût des intrants, pour n'en citer que quelques-uns, sont profondément interconnectés et interagissent les uns avec les autres de multiples façons dans l'ensemble du système alimentaire », peut-on lire dans le projet de texte.
Le directeur adjoint de la direction générale de l’agriculture (DG AGRI) à la Commission, Michael Scannell, a indiqué lundi 28 novembre aux membres de la commission de l’agriculture du Parlement européen que l’étude serait sans doute publiée au début du mois de décembre.
Les experts du mécanisme européen de préparation et de réponse à la crise de la sécurité alimentaire ont contribué à l’élaboration de l’étude.
M. Scannell a souligné que la hausse des prix des denrées alimentaires et le changement climatique représentaient, selon les experts, les principaux défis relatifs à la sécurité alimentaire dans l’UE.
Il a également évoqué la hausse des prix des engrais. La spéculation a joué un rôle sur la hausse des prix, a indiqué M. Scannell. La souveraineté alimentaire a aussi été mentionnée par la Commission, de même que la concurrence déloyale (des produits importés qui ne respectent pas les normes de l’UE). M. Scannell a confirmé que la Commission présenterait en 2023 une proposition sur les nouvelles techniques de sélection des plantes, même s'il a reconnu que les parties prenantes sont divisées sur ce sujet des NBT (New Breeding Techniques).
Herbert Dorfmann (PPE, italien) a notamment regretté le manque de maïs sur le marché européen et évoqué la spéculation qui a eu des effets sur les marchés, y compris des engrais. Il faudrait davantage de stocks pour les produits de base, a-t-il conseillé.
Clara Aguilera (S&D, espagnole) a évoqué les effets négatifs de la hausse des prix des denrées alimentaires sur le budget des ménages.
Ulrike Müller (Renew Europe, allemande) a évoqué les répercussions négatives sur le secteur agricole de la proposition sur les émissions industrielles (EUROPE 13050/12). (Lionel Changeur)