Le rapporteur du Parlement européen pour la révision de la directive sur l’efficacité énergétique (EED), Niels Fuglsang (S&D, danois), a exprimé de sérieux doutes sur la capacité des colégislateurs de l’Union européenne à conclure un accord sur ce dossier avant la fin de l’année, mardi 29 novembre, lors d’une réunion de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) du Parlement.
« Nous avons encore un long chemin à parcourir. Il serait bien sûr idéal de terminer sous la Présidence tchèque (qui se clôture le 31 décembre 2022), mais il n’est pas certain que cela soit possible », a ainsi déclaré le rapporteur, dressant un état des lieux des négociations interinstitutionnelles (‘trilogues’).
Il a indiqué que les discussions butaient en particulier sur deux points : la fixation des objectifs d’efficacité énergétique (article 4) et des obligations en matière d’économies d’énergie (article 8).
Alors que le Parlement souhaite rehausser l’objectif de réduction de la consommation d’énergie dans l’UE à l’horizon 2030 à 14,5% (par rapport aux projections du scénario de référence 2020), le Conseil défend, quant à lui, un taux de 9%. Une position inacceptable pour le rapporteur, étant donné que la Commission européenne a proposé un objectif de 13%.
Le Conseil rejette en outre la proposition des eurodéputés consistant à rendre contraignantes les contributions nationales des États membres à cet objectif.
Concernant le deuxième point, le Parlement plaide pour porter à 2% par an l’obligation de réduction de la consommation finale d’énergie des États membres entre 2024 et 2030, contre 1,5% pour le Conseil et la Commission.
« Nous avons beaucoup de travail devant nous. Nous allons examiner la possibilité d’organiser un troisième trilogue avant Noël », a conclu M. Fuglsang. (Damien Genicot)