Le Parlement européen a reconnu, mercredi 23 novembre, la Russie comme « un État soutenant le terrorisme » et « qui utilise des moyens du terrorisme » en adoptant une résolution des groupes PPE, Renew Europe et CRE à ce sujet par 494 voix pour, 58 contre et 44 abstentions.
Les groupes PPE, Renew Europe, CRE, S&D et Verts/ALE – mais pas son coprésident Philippe Lamberts, qui s’est abstenu - ont principalement voté en faveur de la résolution. La Gauche s’est divisée entre rejet de la résolution et abstention et l’unité du groupe ID a explosé avec des députés votant en faveur, contre ou s’abstenant.
Lors d’un vote portant spécifiquement sur le maintien dans la résolution de l’expression « Russie comme un État soutenant le terrorisme », les députés se sont montrés plus divisés : 329 ont voté pour, 244 contre et 27 se sont abstenus, mais le détail des votes n’a pas été enregistré.
Le rapporteur du PE sur la Russie, Andrius Kubilius (PPE, lituanien), a salué l’adoption de la résolution. Selon lui, la reconnaissance par le PE du fait que la Russie est un État parrain du terrorisme et utilise des moyens du terrorisme « envoie un signal politique clair ». « L'Europe, les Européens ne veulent pas rester passifs lorsque leur grand voisin viole toutes les normes humanitaires et internationales », a-t-il prévenu, espérant que la Commission européenne et le Conseil de l'UE allaient maintenant élaborer de nouveaux instruments juridiques permettant de tirer des conséquences claires à l'égard des États reconnus comme utilisant des moyens de terrorisme.
Dans sa résolution, le PE estime que les attaques délibérées et les atrocités de la Fédération de Russie contre la population civile, la destruction des infrastructures civiles et d'autres violations graves des droits de l'homme et du droit humanitaire international « équivalent à des actes de terreur contre la population et constituent des crimes de guerre ».
Il demande à l’UE et ses États membres d’élaborer un cadre juridique de l'UE pour la désignation d'États comme commanditaires du terrorisme et d'États qui utilisent des moyens de terrorisme, « ce qui déclencherait un certain nombre de mesures restrictives importantes à l'encontre de ces pays et aurait des implications restrictives profondes pour les relations de l'Union européenne avec ces pays ». Les députés demandent également au Conseil d’envisager d’ajouter la Russie sur une telle liste.
Il appelle en outre à l’inclusion du groupe Wagner, du 141e régiment motorisé spécial, également connu sous le nom de Kadyrovites, et d'autres groupes armés, milices et mandataires financés par la Russie sur la liste terroriste de l'UE.
Enfin, le PE souhaite que l’UE et ses États membres prennent des mesures pour amorcer un isolement international complet de la Russie.
Voir la résolution : https://aeur.eu/f/47r
Cyberattaque contre le Parlement
Quelques minutes après le vote de la résolution et pour plusieurs heures, le site du Parlement européen a été victime d'une « cyberattaque sophistiquée », revendiquée par un groupe pro-Kremlin, a confirmé la présidente du PE, Roberta Metsola. « La disponibilité du site internet (a été) affectée en raison des niveaux élevés de trafic sur le réseau externe. Ce trafic est lié à un événement d'attaque DDOS (Distributed Denial of Service) », a également précisé le porte-parole du Parlement européen, Jaume Duch. (Camille-Cerise Gessant)