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Bulletin Quotidien Europe N° 13062
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POLITIQUES SECTORIELLES / Industrie

'Euro 7', la proposition de la Commission européenne reçoit un accueil mitigé

La proposition de règlement sur la norme 'Euro 7' a suscité des réactions contrastées parmi les eurodéputés ainsi que parmi les groupes d’intérêts, jeudi 10 novembre, les écologistes et les organisations environnementales regrettant le manque d’ambition de la Commission européenne et l’industrie s’interrogeant sur le rapport entre les coûts et les bénéfices des mesures proposées.

Ainsi, l’eurodéputée verte et présidente de la commission ‘Transports et tourisme’ (TRAN), Karima Delli (Verts/ALE, français), a vivement critiqué le texte. « Sept ans après le scandale du 'Dieselgate', la Commission européenne avait l’opportunité de présenter une proposition ambitieuse avec le standard ‘Euro 7’ concernant les émissions polluantes des véhicules de transport routier. Force est de constater que l’institution n’a pas été à la hauteur des enjeux sanitaires », a-t-elle déclaré. L’eurodéputée a regretté que les seuils d’émission restent quasiment inchangés par rapport au texte sur la norme 'Euro 6' (EUROPE 13061/14).

Au contraire, Peter Liese (PPE, allemand), porte-parole de son groupe sur les questions environnementales, s’est dit « extrêmement heureux » que « la Commission européenne n’ait pas pris en compte les revendications néfastes et trop ambitieuses des Verts et de La Gauche au Parlement européen », saluant une proposition « beaucoup plus réaliste que prévu ». À l’instar des arguments avancés par la Commission européenne, il a souligné l’importance de ne pas « surcharger » les industries européennes et les usagers des voitures. Il a ajouté que la qualité de l’air en Europe s’était considérablement améliorée.

Les mêmes divergences se sont reflétées entre les ONG environnementalistes et les lobbys industriels du secteur automobile. Ainsi, Transport & Environment, a fustigé les propositions « tellement faibles qu’elles auraient pu être écrites par l’industrie automobile ». Pour l’organisation environnementaliste, la Commission n’a pas pris en compte les dernières évolutions technologiques pour limiter les émissions de particules polluantes. L’institution européenne maintient un facteur de conformité en dessous de 0° Celsius et prévoit une durabilité de 8 ans maximum pour les véhicules légers alors que la durée de vie moyenne d’une voiture européenne est de près de 12 ans.

L’industrie, pour sa part, a montré un enthousiasme limité. L’ACEA, l’organisation européenne qui représente les grands acteurs de l’industrie automobile, a ainsi réservé un accueil perplexe au texte. La proposition de la Commission européenne est certes « constructive », a souligné l’ACEA, mais « elle augmente fortement le coût des véhicules » pour un « bénéfice environnemental (…) très limité ».

CLEPA, l’organisation européenne qui défend les intérêts des équipementiers du secteur automobile, a constaté, au contraire, une ambition renouvelée de la part de la Commission européenne. Toutefois, CLEPA veillera en particulier à ce que la position de l’industrie équipementière soit entendue et prise en considération dans les actes délégués et d’exécution adoptés par la Commission européenne pour mettre en œuvre le règlement. (Pascal Hansens)

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