Les ministres des Affaires étrangères des États membres ont rappelé, lundi 14 novembre, l’engagement de l’UE envers la région des Balkans occidentaux, à moins d’un mois du sommet UE-Balkans occidentaux à Tirana (le 6 décembre).
« Nous intensifions notre engagement. Les Balkans occidentaux restent notre priorité. C'est le plus proche de nos partenaires géostratégiques. L'avenir des Balkans occidentaux est dans l'UE. Tel est notre message avant le prochain sommet UE-Balkans occidentaux du 6 décembre », a résumé le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell.
Il a aussi mis en avant la préoccupation des ministres concernant les tensions dans la région. Celle-ci fait face à un regain de tensions entre la Serbie et le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine n’a toujours pas de gouvernement et le Monténégro est dans une impasse constitutionnelle.
Le Haut Représentant de l’UE a notamment souligné les « tensions inutiles et contre-productives entre la Serbie et le Kosovo ». « Cela atteint un niveau très dangereux », a-t-il expliqué, estimant qu’il s’agissait de la crise « la plus sérieuse, la plus dangereuse depuis 2013 ». À la suite de mesures par le Kosovo concernant les plaques d’immatriculation, les Serbes du Kosovo ont quitté les institutions kosovares.
« Les deux parties doivent de toute urgence montrer qu'elles sont prêtes à trouver une solution pour faire baisser les tensions. Il n'est pas acceptable qu’elles violent ou ignorent leurs obligations », a prévenu M. Borrell, qui a rencontré à Paris, le 11 novembre, les dirigeants des deux pays - séparément.
« Les deux parties doivent faire preuve de souplesse. Le message du Conseil est clair : il faut progresser », a-t-il ajouté, estimant qu’avec « des partenaires qui aspirent à un avenir européen », il s’attendait à un « comportement européen, une volonté de trouver une solution ». « Ils sont maintenant à la croisée des chemins. Ils doivent décider de la direction qu'ils veulent prendre. Vers l'UE ou vers le passé », a souligné M. Borrell.
Il a précisé que si les deux pays n’avaient pas accepté la proposition faite par l’UE, avec le soutien de la France et de l’Allemagne, ils ne l’avaient pas non plus refusée. « C'est déjà beaucoup », a souligné M. Borrell.
Par ailleurs, à son arrivée au Conseil, le ministre croate, Gordan Grlić-Radman, a estimé que les pays de la région devaient promouvoir la sécurité et la stabilité régionales et de bonnes relations de voisinage et la coopération entre eux et avec les États membres.
Dans une critique à peine voilée envers Belgrade, il a appelé tous les pays des Balkans occidentaux à aligner leur politique étrangère sur celle des Européens et à mettre en œuvre les sanctions contre la Russie.
La ministre française, Laurence Boone, qui s’est rendue dans la région lundi soir, a souligné qu’il était « très important de défendre les reforme dans le domaine de l’État de droit dans la région ». (Camille-Cerise Gessant)