La Commission européenne adoptera, le 9 novembre, sa communication très attendue par le milieu agricole sur les engrais, a indiqué, lundi 17 octobre à Luxembourg, le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski.
Les ministres de l’Agriculture des pays de l’UE ont discuté de la situation des marchés agricoles et des effets de la guerre en Ukraine sur les différents secteurs.
L’une de plus fortes préoccupations concerne la disponibilité en engrais (EUROPE 13037/6).
Le commissaire a confirmé, devant le Conseil 'Agriculture', que la communication évoquera notamment les moyens de rendre l’industrie européenne des engrais « moins dépendante de sources externes et peu fiables ».
Ce document devrait aussi examiner les aides d'État et d'autres formes de soutien financier aux agriculteurs et au secteur des engrais. Il convient de veiller à ce que les engrais soient disponibles et abordables, selon les Européens.
L’efficacité des plans stratégiques de la politique agricole commune (PAC) sera également passée en revue. Il s’agirait de trouver des solutions au problème des engrais grâce à différentes mesures : les apports de l'agriculture de précision, la planification de l'utilisation des engrais et les incitations en faveur des alternatives biologiques aux engrais traditionnels.
La pénurie d'engrais n'est pas seulement un problème européen ; elle a une dimension mondiale, car les décisions de l’UE dans le domaine des engrais auront un impact sur les pays les plus vulnérables où l’insécurité alimentaire règne.
La Commission entend réaffirmer également que, malgré le contexte actuel d’inquiétude en matière de sécurité alimentaire, elle ne perdra pas de vue l’objectif à long terme d’une utilisation plus durable des engrais et, donc, d’une diminution de leur usage, conformément aux objectifs de la stratégie 'de la ferme à la table' (-20% d'ici à 2030).
De plus, la Belgique et d'autres États membres (les Pays-Bas, la Hongrie, l'Espagne, la Pologne, l'Estonie, le Portugal...) ont prôné des propositions législatives pour que les engrais RENURE puissent être utilisés en dehors des quantités limitées d’effluents d’élevage dans les zones vulnérables. (Lionel Changeur)