Le Conseil de l’UE a décidé, lundi 17 octobre, de sanctionner onze personnes et quatre entités pour leur implication dans la mort de Mahsa Amini et la répression des manifestations et la restriction à l’accès à internet qui ont suivi.
À leur arrivée au Conseil, plusieurs ministres avaient apporté leur soutien aux manifestants. « Nous nous en prenons aux responsables du recours brutal à la force contre des citoyens, des femmes, des hommes, des adolescents, simplement parce qu'ils veulent vivre leur vie comme nous le faisons, en liberté et en paix », a expliqué l’Allemande Annalena Baerbock. « Une réponse forte et coordonnée de l'UE face à la situation préoccupante des droits de l'homme est essentielle. Nous devons faire preuve de solidarité avec le peuple courageux d'Iran et éviter de nouvelles répressions violentes et de nouvelles victimes », a ajouté son homologue suédoise, Ann Linde.
Parmi les personnes sanctionnées se trouvent le chef de la police des mœurs iranienne, Mohammad Rostami, le ministre iranien des Technologies de l’Information et des Communications, Issa Zarepour, et le chef de la branche de la police des mœurs, le colonel Haj Ahmed Mirzaei. Les autres personnes soumises à des sanctions sont principalement des militaires, dont des colonels et des généraux de brigade.
La police des mœurs iranienne, la force de résistance Basij, organisation paramilitaire, le commandement de la cyberdéfense (CDC) du Corps des gardiens de la révolution islamique et les forces de l’ordre de la République islamique d’Iran sont, eux, soumis à un gel de leurs avoirs.
97 personnes et huit entités sont désormais sanctionnées par l'UE en lien avec la violation des droits de l’homme en Iran.
Mais la liste pourrait s'étendre. Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell a prévenu que, si cela était nécessaire, le Conseil était prêt à ajouter des noms. Selon lui, citant des ONG, plus de 100 personnes ont déjà été tuées. M. Borrell a appelé les autorités iraniennes à mettre fin aux violences, à libérer les personnes emprisonnées et à autoriser les flux d’informations.
Au-delà de ces sanctions, le ministre danois des Affaires étrangères, Jeppe Kofod, a estimé qu’il fallait travailler en étroite collaboration pour condamner l’Iran dans tous les forums internationaux concernant « les atrocités » commises contre la population.
Réflexion sur des sanctions liées aux drones en Ukraine
Et alors que le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Dmytro Kuleba - qui s'est adressé aux ministres depuis un abri en raison des attaques russes sur Kiev - a appelé à des sanctions contre l’Iran pour avoir fourni des drones à la Russie, les Européens restent prudents. M. Borrell a annoncé que les Européens collectaient des preuves, que des États membres avaient demandé que cela se fasse de manière coordonnée et que les Européens étaient prêts à réagir avec les outils à leur disposition.
Le Haut Représentant a ajouté que l’Iran avait nié complètement qu’il avait envoyé des drones à la Russie.
« Il peut s’agir d’une violation de résolution des Nations Unies et l’Iran, peut-être, s’expose à un certain nombre de sanctions. De ce fait, il faudra poursuivre le travail là-dessus », a indiqué la ministre française, Catherine Colonna, à l’AFP et à EUROPE.
Par ailleurs, le Haut Représentant de l’UE a précisé qu’il n’attendait pas d’avancer sur le nouvel accord sur le programme nucléaire iranien. « C’est dommage parce qu’on était très très proche », a-t-il expliqué. Et d’ajouter : « Nous devons attendre ».
Voir l’acte juridique lié aux sanctions : https://aeur.eu/f/3ng (Camille-Cerise Gessant)