login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12994
Sommaire Publication complète Par article 21 / 33
POLITIQUES SECTORIELLES / Industrie

Semi-conducteurs, les industriels insistent sur l’importance des compétences et l’imbrication des écosystèmes

La plupart des experts sur les semi-conducteurs invités par la commission  ‘industrie, recherche et énergie’ (ITRE) du Parlement européen ont insisté, jeudi 14 juillet, sur l’importance des compétences, dont manque cruellement l’UE, et la nécessité de créer un ensemble d’écosystèmes solides pour pouvoir faire émerger un écosystème européen des semi-conducteurs à la fois robuste et résilient.

Ainsi, l’exemple de Taïwan est celui à suivre, selon Wouter Baljon, chef des affaires gouvernementales et des relations extérieures chez ASML, l’un des leaders mondiaux dans la production des semi-conducteurs. « Un exemple que j'aime beaucoup utiliser. Si vous pensez aux entreprises dont Tesla a peur, est Foxconn, qui est une entreprise taïwanaise. (Elle) se trouve à proximité de la production et de l'innovation sur l'île de Taïwan, ce qui lui permettra de développer la voiture du futur », a-t-il expliqué. Il a souligné l’effet « boule de neige » de cet écosystème, qui permet de créer d’autres écosystèmes particulièrement innovants qui auront besoin de semi-conducteurs.

Toutefois, tous les invités ont souligné l’importance d’avoir les compétences pour répondre aux ambitions affichées dans le ‘Chips Act’ (atteindre 20% de la production mondiale d’ici 2030). Mais, là encore, l’UE fait face à une difficulté majeure. « Nous constatons une baisse du nombre de diplômés en Europe qui visent un avenir dans l'industrie des semi-conducteurs, ce qui contraste fortement avec l'Asie de l'Est », a indiqué dans son propos liminaire le même M. Baljon. Pour lui, sans compétences, les ambitions et les investissements ne changeront rien. Il faut donc attirer les talents et les compétences aussi de pays tiers pour avancer plus vite.

Pour Tommaso Calarco, directeur de l'Institut de Quantum Control du Peter Grünberg Institute, les centres de compétences envisagés par la Commission européenne seront essentiels, notamment pour développer les technologies quantiques. « Nous devons donc créer une nouvelle génération d'ingénieurs quantiques, ce qui n'est possible que si nous exploitons la dimension paneuropéenne délocalisée de la création de compétences », a-t-il insisté en répondant aux craintes de plusieurs eurodéputés sur la tendance à la concentration dans certains grands États membres, comme l’Allemagne et la France.

En outre, les compétences manquent cruellement du côté du privé, mais elles manquent aussi du côté du public, notamment pour dresser une compréhension et une cartographie complexe des chaînes de production et des interdépendances au niveau international, comme l’a signalé Julia Hess, responsable de projet pour la technologie et la géopolitique, Stiftung Neue Verantwortung. « Mais par rapport aux milliards d'euros dépensés pour renforcer l'écosystème des puces, il serait nettement moins coûteux d'investir dans la capacité de la Commission à comprendre la chaîne de valeur des semi-conducteurs », a-t-elle insisté.

Pour Mme Hess, les compétences et la compréhension de l’imbrication des chaînes d’approvisionnement se trouvent en premier lieu au niveau des acteurs privés. Ils doivent donc être toujours pris en compte dans le cadre du suivi de l’écosystème. Elle a pointé du doigt la « toolbox (boite à outils) » proposée par la Commission pour répondre aux crises, qui reste inadaptée, selon elle, étant donné que les acteurs publics ne disposent pas de la compréhension suffisante du secteur pour apporter une réponse idoine.

Partenariats internationaux et crise

Pour faire face à la pénurie et aux risques de rupture et de perturbation des écosystèmes, Hendrik Bourgeois, Vice-président des affaires gouvernementales chez Intel, géant américain spécialisé dans la fabrication de semi-conducteur, a insisté sur l’importance de tisser un partenariat étroit avec les États-Unis. Les États-Unis partagent des valeurs communes avec l’Europe, a-t-il souligné, et sont confrontés à des défis similaires à ceux qui touchent l’UE. D’une manière générale, plusieurs experts ont mis en avant l’importance de ne pas « réinstaller » l’intégralité de l’écosystème des semi-conducteurs sur le Vieux Continent, mais de se concentrer sur les technologies où l’UE peut avoir une réelle plus-value.

Du côté du calendrier des colégislateurs, l’échange de vues sur le rapport de Dan Nica (S&D, roumain) est prévu pour le 10 octobre. Le délai pour déposer les amendements est fixé au 13 octobre. La date pour le vote n’était pas encore définie, mais ce pourrait être pour novembre ou décembre de cette année. La Présidence tchèque du Conseil de l’UE, de son côté, veut trouver un accord politique (une orientation générale) en décembre (EUROPE 12992/10). (Pascal Hansens)

Sommaire

INFRACTIONS AU DROIT DE L'UE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
Invasion Russe de l'Ukraine
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
CONSEIL DE L'EUROPE
CORRIGENDUM
BRÈVES