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Bulletin Quotidien Europe N° 12956
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Eurogroupe

Situation macroéconomique, direction générale du MES et union bancaire à l'ordre du jour des ministres des Finances

Les ministres des Finances de la zone euro feront le point, lundi 23 mai, sur la situation macroéconomique à la lumière des répercussions en Europe de l'invasion russe de l'Ukraine.

Cette discussion se basera sur les prévisions économiques de printemps qu'a présentées la Commission européenne lundi. Celles-ci montrent que les difficultés déjà observées - flambée des prix énergétiques, offre inférieure à la demande - continuent de peser négativement sur l'activité économique malgré la suppression progressive des restrictions sanitaires.

L'institution de l'UE a ainsi fortement revu à la baisse - de 4,0% du PIB en janvier à 2,7% désormais - ses prévisions de croissance pour 2022 (EUROPE 12953/20). L'inflation dans la zone euro a, au contraire, été revue à la hausse, passant de 3,5 à 6,1% en 2022, avant de retomber à 2,7% en 2023.

Lundi, la Commission aura également présenté ses recommandations de politique socioéconomique pour les vingt-sept États membres. Et face à l'incertitude économique liée à la guerre en Ukraine, elle devrait recommander que le gel des règles budgétaires européennes soit maintenu aussi en 2023.

« Tout le monde comprend que l'année prochaine ne sera pas une année normale », a estimé cette source européenne mercredi 18 mai, ne s'attendant pas à des difficultés sur cette question. Notant une réduction en cours des déficits et de l'endettement publics, elle a prôné des stratégies budgétaires flexibles et bien calibrées pour répondre à une situation mouvante.

Par ailleurs, une appréciation de la Commission est attendue sur les budgets allemand et portugais pour 2022 présentés après les élections législatives en Allemagne et au Portugal.

MES. L'Eurogroupe se penchera sur les quatre candidatures - l'Italien Marco Buti, le Luxembourgeois Pierre Gramegna, le Néerlandais Menno Snel et le Portugais João Leão - au poste de directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent de la zone, en remplacement de Klaus Regling dont le deuxième mandat se termine en octobre (EUROPE 12943/22).

Les ministres des pays d'origine des candidats présenteront la candidature ayant leur soutien, sans que les quatre personnalités concernées participent à ces discussions. 

Alors que son président, Paschal Donohoe, souhaitait qu'une solution se dégage, lundi, sur un candidat en vue d'une nomination formelle en juin à Luxembourg, l'Eurogroupe ne devrait pas être en mesure d'y parvenir, lundi prochain.

Avec quatre candidats, nous sommes en « territoire inconnu », a dit cette source. Selon elle, l'objectif de M. Donohoe est de parvenir à une réduction du nombre de candidats, notamment à travers la tenue de votes indicatifs.

Pour être nommé, un candidat doit recueillir plus de 80% des votes au sein du conseil d'administration du MES, chaque pays de la zone euro détenant un vote pondéré en fonction de sa part au capital du fonds de sauvetage.

Union bancaire. En format élargi à vingt-sept, l'Eurogroupe poursuivra ses travaux sur l'élaboration d'un programme de travail destiné à parachever l'union bancaire en zone euro, après la réunion extraordinaire tenue début mai (EUROPE 12944/23). L'objectif est de préparer le terrain en vue d'un accord politique en juin.

Le projet de programme de travail qu'a soumis M. Donohoe à ses homologues énonce quatre axes de travail : amélioration de la gestion d'une crise bancaire, création d'un système européen de garantie des dépôts (EDIS), approfondissement du marché unique bancaire, traitement du risque souverain.

Jeudi, une deuxième source diplomatique a estimé que les positions traditionnelles des pays prônant d'abord une réduction des risques et des États partisans d'un partage des risques n'avaient guère évolué.

L'Allemagne ne veut pas s'engager en faveur d'une mutualisation des risques à travers le futur système EDIS alors que les pays méditerranéens y sont très favorables. L'Italie ne veut pas de l'introduction d'un risque lié à l'exposition aux dettes souveraines pour ses banques. Des pays comme la Belgique, qui accueillent des filiales de grands groupes sur leur territoire, demandent des garanties en matière de gestion des liquidités intragroupes en cas de défaillance bancaire.

Voir le projet de programme de travail de M. Donohoe : https://aeur.eu/f/1G6 (Mathieu Bion)

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