Les eurodéputés, réunis en séance plénière dans l'hémicycle strasbourgeois, ont débattu, mardi 3 mai, du niveau de préparation de l’UE face aux cyberattaques suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
« L’UE a également été touchée, de manière croissante ces dernières années, par les cyberattaques dans des domaines allant de la santé aux télécommunications, en passant par le secteur de l’énergie. L’UE serait-elle à même de réagir en cas d’attaque de grande ampleur ? Oui, nous le pouvons, nous avons mis des outils en place », a déclaré, à Strasbourg, le vice-président de la Commission européenne, Margarítis Schinás.
Le vice-président de la Commission a également souligné le besoin d’une « adoption rapide de la directive révisée 'NIS2' » (EUROPE 12903/18) et appelé à une coopération accrue entre les différentes agences de l’UE compétentes en la matière ainsi qu’entre les États membres.
Sur ce point, M. Schinás a aussi insisté pour que les administrations publiques ne soient pas retirées du champ d’application de la directive, alors que certains États membres poussent dans ce sens.
Si l’adoption de la directive 'NIS2' a également été érigée en priorité par une majorité des eurodéputés qui se sont exprimés au cours du débat, certains, à l’instar d’Eva Maydell (PPE, bulgare), ont par ailleurs souligné l’importance de donner « les ressources suffisantes aux entreprises » pour faire face aux cybermenaces.
En outre, plusieurs eurodéputés ont estimé que le problème du manque de préparation des institutions - également pointé par la Cour des comptes le 29 mars dernier (EUROPE 12921/15) - est en partie imputable au manque d’implication des États membres.
« Des cyberattaques qui causeront de gros dommages, ce n’est qu’une question de temps. Seulement, les États membres ne sont pas prêts à être aussi actifs » a regretté Rasmus Andresen (Verts/ALE, allemand).
« La préparation globale est influencée par le niveau de préparation des États membres », a résumé pour sa part Anna Bonfrisco (Identité et démocratie, italienne).
Par ailleurs, d’autres eurodéputés, ont également appelé à aller plus loin dans le renforcement du niveau de sécurité des institutions et notamment du Parlement européen.
« Nous devons prendre la sécurité de notre institution beaucoup plus au sérieux. Au moment où nous appelons à plus de sanctions contre la Russie, est-il raisonnable que travaillent, dans ce Parlement des bi-nationaux russes proches du pouvoir ? Renforcer notre sécurité, c’est renforcer notre crédibilité. Il n’est plus question de faire comme nous avons toujours fait, parce que nous n’avons vraiment pas fait assez », a lancé Nathalie Loiseau (Renew Europe, française).
Enfin, la question de la désinformation est revenue à plusieurs reprises au cours des débats.
« La campagne de désinformation que nous vivons avec cette guerre prouve l’importance du numérique. L’UE ne peut plus fermer les yeux et je dois dire que je suis déçu de l’absence de la Présidence française du Conseil de l’UE aujourd’hui dans l’hémicycle », a conclu Adam Bielan (CRE, polonais). (Thomas Mangin)