Les eurodéputés ont débattu, mardi 3 mai, du projet de résolution concernant les répercussions de la guerre d'agression illégale menée par la Russie contre l'Ukraine sur les secteurs du transport et du tourisme de l'Union européenne. Le vote final sur ce texte est prévu jeudi 5 mai.
« Le transport européen, déjà soumis aux conséquences de la pandémie, subit celles de la guerre en Ukraine. Il faut réagir rapidement pour aider le secteur et maintenir la mobilité », a déclaré Marian-Jean Marinescu (PPE, roumain).
À ce titre, l’eurodéputé a appelé à augmenter le budget de la mobilité militaire via le Mécanisme d’interconnexion en Europe, tout en regrettant que « ces fonds aient été revus à la baisse » par le passé.
En outre, la question de la dépendance énergétique a également été soulevée par certains membres du Parlement.
« Nous devons mettre fin à la dépendance et nous préparer pour le stockage du gaz et du pétrole, surtout pour l’hiver », a insisté José Ramón Bauzá Díaz (Renew Europe, espagnol), avançant l’idée qu’une partie de la solution à ce problème pourrait se trouver en Espagne, « qui possède des capacités de stockage uniques ».
Toujours sur la dépendance énergétique, Petar Vitanov (S&D, bulgare) a appelé à « montrer la solidarité des États membres envers les travailleurs du secteur », via des « mesures proactives » et des « mesures de soutien direct ».
Pour d’autres, à l’instar de Ciarán Cuffe (Verts/ALE, irlandais), la priorité réside dans le fait de « reconstruire l’Ukraine et ses infrastructures », dont le montant des infrastructures détruites représente déjà « une somme de plusieurs milliards d’euros ».
« Le secteur du transport doit rester intact et fonctionner. On peut reconstruire et garder les voies ouvertes avec l’UE. La Commission et les États membres doivent présenter un plan Marshall, faire intervenir les énergies et carburants renouvelables et supprimer la dépendance », a-t-il déclaré.
De son côté, la Commission a également insisté sur la solidarité affichée dans le secteur du transport depuis le début de la guerre et a appelé à aller plus loin.
« Nous avons appliqué la souplesse maximale sur les transports routiers avec la suppression des péages et la simplification des contrôles aux frontières. Mais nous devons encore plus aider, avec des voies spéciales pour les camions, par exemple », a estimé la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson.
Par ailleurs, a-t-elle rappelé, des négociations devraient être menées « le plus rapidement possible » avec l’Ukraine et la Moldavie, afin de parvenir à des accords concernant le transport de marchandises entre l’UE et ces deux pays (EUROPE 12927/5).
Pour rappel, le mandat demandé par la Commission au Conseil de l'UE le 6 avril dernier vise, dans un contexte de voies d’acheminement traditionnelles fermées du fait de l’invasion russe de l’Ukraine, à permettre aux transporteurs ukrainiens, moldaves et européens de transiter et d'opérer entre leurs territoires respectifs « de manière flexible ». (Thomas Mangin)