La présidente moldave, Maia Sandu, a annoncé mercredi 4 mai, à l’occasion de la visite à Chisinau du président du Conseil européen, Charles Michel, que son pays, après avoir remis le 22 avril la première partie de son questionnaire d’adhésion à l’UE, terminerait la deuxième partie « dans les prochains jours ».
« Nous espérons obtenir l’opinion positive des institutions européennes à notre demande d’adhésion », a-t-elle expliqué alors que la Commission pourrait remettre son avis en juin. Il appartiendra alors au président du Conseil européen de décider d’inscrire à l’agenda du Conseil européen une discussion sur le sujet.
« Le processus d’intégration est complexe et long. Nous le comprenons. Nous ne cherchons pas des raccourcis, nous ne cherchons pas de concessions dans les procédures, mais nous voulons donner à nos citoyens le plus vite possible l’avenir qu’ils méritent », a précisé Mme Sandu.
De son côté, M. Michel a rappelé que « l'élargissement (était) un instrument politique fort pour clarifier notre vision de l'avenir de l'Europe ». Avant même l’adhésion de la Moldavie à l’UE, il a plaidé pour un rapprochement du pays à l’Union. « Il est de notre devoir européen d'aider et de soutenir votre pays. Et d'accroître notre soutien à votre stabilité, votre sécurité, votre intégrité territoriale et votre souveraineté. Notre soutien économique et politique doit continuer main dans la main », a promis le président du Conseil européen à Mme Sandu.
Tout en soulignant le soutien déjà apporté par l’UE à son pays, qui accueille plus de 90 000 réfugiés ukrainiens, la présidente moldave a demandé à l’Union de faire plus. Elle a plaidé pour l’ouverture du marché européen aux fruits moldaves et à d’autres denrées qui ne peuvent plus accéder aux marchés orientaux, fermés à cause de la guerre en Ukraine. « Lever les droits de douane sur les produits moldaves et élargir les catégories de produits admis sur le marché européen serait un énorme soutien pour les entreprises affectées par la guerre », a-t-elle expliqué. Elle a aussi demandé des autorisations pour que les transporteurs moldaves puissent traverser l’UE.
Mme Sandu a en outre demandé le soutien de l’UE à l’adhésion de la Moldavie à l’Espace unique de paiement en euros (SEPA) et souhaité que le pays puisse bénéficier de la fin des frais d’itinérance avec l’Union européenne.
Sans revenir sur ces demandes, M. Michel a promis que l’UE allait aider le pays à renforcer sa résilience et à faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine en poursuivant son soutien humanitaire, en fournissant des équipements militaires supplémentaires et en aidant la Moldavie à contrer la désinformation et à résister aux cyberattaques. Il a ajouté que l’UE continuerait à soutenir Chisinau sur la voie des réformes dans le domaine de l'État de droit, « en particulier la réforme en cours des organes de gouvernance judiciaire et la lutte contre la corruption ». (Camille-Cerise Gessant)