Le Conseil de l’Agence spatiale européenne (ESA) a reconnu à l’unanimité, lors d’une réunion à Paris le mercredi 16 et jeudi 17 mars, l’impossibilité de poursuivre la coopération en cours avec l’agence spatiale russe Roscosmos dans le cadre de la mission du rover ExoMars en vue d’un lancement cette année.
Le directeur général de l’ESA, Joseph Aschbacher, a indiqué devant la presse que le lancement prévu en septembre n’était plus possible tant en termes pratiques que politiques (EUROPE 12901/12).
Le Conseil lui a donné mandat de prendre les « mesures appropriées » pour suspendre les activités de coopération en réaction à l'invasion russe en Ukraine. M. Aschbacher est, en outre, invité à réaliser une étude dans les plus brefs délais afin de développer des options pour continuer le projet d’exploration martienne malgré tout.
M. Aschbacher a également indiqué que la NASA envisageait des options pour contribuer au projet. La prochaine fenêtre de lancement pourrait être en 2024. Dans tous les cas, a assuré le directeur général, la mission reste toujours pertinente, étant donné qu’aucune autre mission internationale ne remplira les tâches prévues dans le programme ExoMars.
Par ailleurs, à la suite de la décision de Roscosmos de retirer son personnel du Port spatial en Guyane française, toutes les missions prévoyant un lancement par Soyouz ont été suspendues. Il s'agit essentiellement de quatre missions institutionnelles pour lesquelles l'ESA est l'entité adjudicatrice du service de lancement : Galileo M10, Galileo M11, Euclid et EarthCare.
Sur ce point, M. Aschbacher a indiqué qu’un groupe d’experts externe avait été mis sur pied pour analyser toutes les options d’ici un mois. Les experts devront déterminer si des lancements alternatifs potentiels pour ces missions sont nécessaires, notamment parmi les premiers vols d'exploitation d'Ariane 6.
Répondant à EUROPE, le directeur général de l'ESA n’a pas exclu que des microlanceurs commerciaux soient utilisés pour mettre sur orbite de petites charges utiles, ni de faire appel à des lanceurs non européens.
En revanche, la Station spatiale internationale poursuit normalement sa mission, alors que Roscomos a émis l'hypothèse d'une chute incontrôlée en raison des sanctions internationales visant la Russie. Les activités de l’astronaute allemand Matthias Maurer se déroulent « normalement », a assuré M. Aschbacher. Il a l'intention de convoquer une session extraordinaire du Conseil dans les prochaines semaines afin de soumettre des propositions spécifiques à la décision des États membres. (Pascal Hansens)