Une réunion internationale de négociation s'est ouverte à Genève, lundi 14 mars, pour examiner le projet de texte sur un cadre post-2020 pour la diversité mondiale à adopter à la COP15 de Kunming cette année. Pour l'UE, cette session préparatoire (14-29 mars) est celle de la dernière chance pour parvenir à un résultat ambitieux.
Il s'agit de la première réunion de la Convention sur la diversité biologique (CDB) depuis le dernier rapport du GIEC, qui a souligné le rôle clé de la biodiversité dans la réponse au changement climatique, et le processus de négociation de la CBD a deux ans de retard sur le calendrier initialement prévu.
« Nous devons réduire considérablement les écarts entre les positions des parties. L'Union européenne se rend aux négociations de Genève pour promouvoir l'ambition et montrer l'exemple », déclarait lundi le commissaire à l'Envionnement, Virginijus Sinkevičius.
La déclaration politique de Kunming, adoptée en octobre 2021, avait été considérée par l'UE comme un point de départ à améliorer sensiblement (EUROPE 12812/7). Forte de sa stratégie pour la biodiversité à l'horizon 2030 et, bientôt, d'objectifs contraignants de restauration de la nature que proposera la Commission le 23 mars au moyen d'un règlement (EUROPE 12895/10), l'UE négociera, comme minimum, les points suivants :
- des objectifs, des jalons et des cibles ambitieux, mesurables et limités dans le temps, qui viseront à ce que tous les écosystèmes de la planète soient restaurés, résilients et protégés de manière adéquate d'ici 2050 ;
- des objectifs pour s'attaquer aux facteurs directs et indirects de la perte de biodiversité et garantir une utilisation durable des ressources naturelles, notamment l'objectif visant à protéger au moins 30% des terres et des océans de la planète d'ici 2030, complété par des objectifs s'attaquant aux facteurs directs et indirects de la perte de biodiversité ;
- des dispositions opérationnelles pour mobiliser des financements et d'autres moyens de mise en œuvre, la Commission ayant indiqué en septembre que l'UE allait doubler son financement international en faveur de la biodiversité mondiale, en particulier pour les pays les plus vulnérables (EUROPE 12797/10) ;
- des processus de mise en œuvre, de suivi et d'examen plus solides, via la transparence sur la mise en œuvre, des rapports, une analyse des lacunes au niveau mondial et un bilan, avec un redoublement des efforts, si nécessaire ;
- la mise en œuvre effective de l'objectif concernant l'accès aux ressources génétiques liées à la biodiversité et le partage juste et équitable des avantages qui en découlent, tout en garantissant que la science, la recherche et l'innovation continuent à apporter tous les avantages qui soutiennent aussi la mise en œuvre des autres objectifs, et en garantissant le respect des droits des populations autochtones et la participation pleine et effective de ces populations et des parties prenantes.
Les pays en développement veulent absolument qu'une solution soit trouvée pour les séquences numériques des ressources génétiques (DSI en anglais). (Aminata Niang)