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Bulletin Quotidien Europe N° 12910
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Rapport du GIEC, Hans Poertner appelle les eurodéputés à agir pour contenir le réchauffement planétaire à 1,5 degré

Le professeur Hans Poertner, coprésident du groupe de travail II du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), a présenté aux membres de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen, lundi 14 mars, les principales conclusions du dernier rapport du GIEC sur les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité des sociétés humaines et des écosystèmes au changement climatique.

« La science est claire : le changement climatique est une menace pour le bien-être humain et la santé de la planète. Tout retard supplémentaire dans l’action mondiale concertée nous fera manquer la brève fenêtre (d’action), qui se referme rapidement, pour assurer un avenir vivable », a notamment déclaré M. Poertner.

Et d’ajouter : « Ce rapport propose des solutions au monde entier. C’est à vous de jouer maintenant ».

Dévoilé le lundi 28 février, ce document scientifique – le deuxième des trois volets constituant le sixième rapport d’évaluation du GIEC sur l’évolution du climat – montre que le dérèglement climatique a provoqué des perturbations dangereuses et généralisées des écosystèmes et affecte la vie de milliards de personnes malgré les efforts d’adaptation à ses impacts (EUROPE 12900/17).

Le GIEC estime ainsi à environ 3,3 à 3,6 milliards le nombre de personnes vivant dans des contextes très vulnérables au changement climatique.

En l’absence d’actions, le changement climatique compromettra de plus en plus la sécurité alimentaire et entraînera des risques d’inondation pour environ un milliard de personnes dans les villes basses situées en bord de mer et dans les petites îles d’ici le milieu du siècle, a souligné M. Poertner.

Le rapport montre en outre qu’il existe des écarts croissants, surtout parmi les populations à faible revenu, entre les mesures d’adaptation prises et ce qui est nécessaire.

Selon le GIEC, il est donc « urgent d’agir », si l’on souhaite éviter « des pertes croissantes ».

Contenir le réchauffement à 1,5 degré

M. Poertner a ensuite souligné l’importance de mesures d’atténuation du dérèglement climatique : « Dans le même temps, il est essentiel de procéder à des réductions rapides et profondes des émissions de gaz à effet de serre afin de conserver un maximum d’options d’adaptation ».

Cela nécessite de contenir au maximum l’élévation de la température moyenne de la planète par rapport aux niveaux préindustriels, en la limitant à 1,5°C.

En effet, au-delà de 1,5 degré, certaines solutions naturelles d’adaptation pourraient ne plus fonctionner. Le manque d’eau douce, par exemple, pourrait empêcher les habitants des petites îles et ceux qui dépendent des glaciers et de la fonte des neiges de s’adapter. À partir de 2 degrés, il sera difficile de cultiver plusieurs cultures de base dans de nombreuses zones de culture actuelles.

« Le maintien d’un réchauffement planétaire de 1,5 degré nous permettrait de rester légèrement en deçà de la transition du risque modéré au risque élevé (…) alors qu’avec 2 degrés, nous serions largement dans la zone de risque élevé », a ainsi résumé M. Poertner.

Réactions des eurodéputés

Réagissant aux conclusions du rapport, Peter Liese (PPE, allemand), Tiemo Wölken (S&D, allemand) et plusieurs autres eurodéputés ont souligné l’importance que la guerre en Ukraine n’éclipse pas l’importance de renforcer l’action climatique.

M. Wölken a notamment estimé qu’au vu du rapport, l’objectif de l’UE consistant à réduire ses émissions nettes d’au moins 55% d’ici 2030 « n’est pas conforme à la science ».

À l’instar de Bas Eickhout (Verts/ALE, néerlandais), il a en outre insisté sur la nécessité de rester sous 1,5 degré de réchauffement.

Anna Zalewska (CRE, polonaise), pour sa part, a déploré le manque d’accent mis sur les technologies de capture et de stockage du CO2 dans les politiques européennes.

En réaction, M. Poertner a recommandé de privilégier la protection, la conservation et la restauration des écosystèmes.

Il est à noter qu’aucun membre du groupe Identité et Démocratie n’a pris part au débat.

Voir le rapport : https://aeur.eu/f/jd

Voir le résumé pour les décideurs : https://aeur.eu/f/k1 (Damien Genicot)

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