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Bulletin Quotidien Europe N° 12900
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Plus de 3 milliards de personnes vivent dans des contextes très vulnérables au changement climatique, selon le nouveau rapport du GIEC

Environ 3,3 à 3,6 milliards de personnes vivent dans des contextes qui sont très vulnérables au changement climatique, indique le nouveau rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), dévoilé le lundi 28 février.

Réalisé par 269 auteurs sur la base d’environ 34 000 papiers scientifiques, ce document, long de plus de 3 600 pages, porte sur les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité des sociétés humaines et des écosystèmes au changement climatique.

L’humanité et les écosystèmes en danger

Le rapport montre comment le changement climatique affecte la vie de milliards de personnes dans le monde, malgré les efforts déployés pour réduire ses conséquences.

Celles-ci vont de l’augmentation des vagues de chaleur, des sécheresses, en passant par les inondations.

Le document souligne que la hausse de la fréquence et de l’intensité de ces phénomènes météorologiques extrêmes entraîne des répercussions en cascade de plus en plus difficiles à gérer et expose des millions de personnes à une insécurité alimentaire et hydrique aiguë, en particulier en Afrique, en Asie, en Amérique centrale et du Sud, sur les petites îles et dans l’Arctique.

Selon le GIEC, le changement climatique a eu « des effets néfastes généralisés » et a entraîné « des pertes et des dommages pour la nature et les personnes, au-delà de la variabilité naturelle du climat ». 

« Les preuves scientifiques sont sans équivoque : le changement climatique est une menace pour le bien-être humain et la santé de la planète », a ainsi résumé Hans Poerner, coprésident du groupe de travail du GIEC à l’origine du rapport.

Pour António Guterres, secrétaire général des Nations Unies, le rapport constitue « un recueil de la souffrance humaine et une accusation accablante envers l’échec des dirigeants dans la lutte contre les changements climatiques ».

Les plus vulnérables affectés de manière disproportionnée

Le rapport souligne en outre que la vulnérabilité des écosystèmes et des populations au changement climatique diffère considérablement d’une région à l’autre et au sein d’une même région, en raison notamment de différences socioéconomiques et de l’inégalité.

Les personnes et les systèmes les plus vulnérables sont ainsi affectés de manière disproportionnée dans toutes les régions du monde.

Le document épingle également l’interdépendance de la vulnérabilité de l’homme et des écosystèmes, tout en avertissant que les modèles actuels de développement non durable « augmentent l’exposition des écosystèmes et des personnes aux risques climatiques ».

L’urgence d’agir pour limiter les dommages

Même si l’augmentation des extrêmes météorologiques et climatiques a déjà entraîné « des effets irréversibles », le GIEC insiste sur la nécessité d’agir sans attendre afin de « limiter les pertes et dommages ».

« Tout retard supplémentaire dans l’action mondiale concertée et anticipée sur l’adaptation et l’atténuation manquera une brève occasion, qui se referme rapidement, de garantir un avenir vivable et durable pour tous », indique ainsi le rapport.

Alors que les pays signataires de l’Accord de Paris sur le climat se sont fixé pour objectif de contenir le réchauffement mondial à +2°C d’ici 2100, en s’efforçant de le limiter à +1,5°C, le GIEC souligne qu’une hausse de 1,5°C à court terme (2021-2040) « entraînerait une augmentation inévitable de nombreux risques climatiques et présenterait des risques multiples pour les écosystèmes et les êtres humains ».

Concernant les risques à moyen et long termes (2041-2100), le rapport prévient que l’ampleur et le rythme du changement climatique et des risques associés « dépendent fortement des mesures d’atténuation et d’adaptation à court terme.

Pour 127 risques clés identifiés par le GIEC, les impacts évalués à moyen et long termes sont jusqu’à plusieurs fois plus élevés que ceux observés actuellement.

Et d'ajouter : « Les effets néfastes prévus ainsi que les pertes et les dommages qui en découlent s’intensifient avec chaque augmentation du réchauffement climatique ».

Ainsi, dans le cas de figure où le réchauffement climatique dépasserait transitoirement 1,5°C au cours des prochaines décennies ou plus tard, de nombreux systèmes humains et naturels seraient confrontés à des risques supplémentaires graves (certains irréversibles) par rapport à un maintien au-dessous de 1,5°C.

Adaptation

Au volet 'adaptation', le GIEC constate des progrès dans la planification et la mise en œuvre de mesures dans tous les secteurs et toutes les régions. Il note toutefois que les progrès en matière d’adaptation sont répartis de manière inégale et que les écarts se creusent entre les mesures prises et ce qui est nécessaire pour faire face aux risques croissants.

Il remarque aussi que les solutions multisectorielles s’attaquant aux inégalités sociales « augmentent la faisabilité et l’efficacité de l’adaptation dans de multiples secteurs », tout en soulignant le rôle fondamental de la sauvegarde de la biodiversité et des écosystèmes pour un développement résilient au changement climatique.

Voir le rapport : https://aeur.eu/f/jd

Voir le résumé pour les décideurs : https://aeur.eu/f/k1  (Damien Genicot)

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