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Bulletin Quotidien Europe N° 12900
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Invasion Russe de l'Ukraine / MÉdias

'RT' et 'Sputnik', quatre États membres appellent les acteurs du numérique à restreindre la diffusion des contenus de désinformation

Les Premiers ministres lituanien, estonien, letton et polonais ont adressé, lundi 28 février, une lettre conjointe aux acteurs majeurs du secteur technologique, les appelant à prendre des mesures pour restreindre la diffusion de contenus de désinformation russes concernant l’invasion de l’Ukraine.

Dans cette lettre, rédigée à l’initiative de la Première ministre lituanienne, Ingrida Šimonytė, l’accent est notamment mis sur le fait d’empêcher les médias publics tels que RT ('Russia Today'), Sputnik ou encore RTR Rossija et Rossija 24 d’utiliser les services des géants de la tech pour contourner les restrictions déjà introduites par plusieurs régulateurs nationaux. L'Allemagne avait, par exemple, interdit à RT, début février, de diffuser sur son territoire en raison d'un problème de licence.

Les quatre pays signataires de la lettre ne sont pas les seuls à plaider en faveur d’un durcissement du ton à l’égard de RT et Sputnik. Dimanche 27 février, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait visé ces deux médias et annoncé l’interdiction future de « la machine médiatique du Kremlin ».

« Les médias d’État Russia Today et Sputnik ainsi que leurs filiales ne pourront plus diffuser leurs mensonges pour justifier la guerre de Poutine et pour semer la division dans notre Union. Nous développons donc des outils pour interdire leur désinformation toxique et nuisible en Europe », avait-elle ajouté.

« On peut s’attendre à ce que nous allions vite dans les sanctions contre 'Sputnik' et 'Russia Today', mais nous devons avant tout nous assurer que les moyens juridiques que nous allons mettre en œuvre sont les plus appropriés », a confirmé la Commission européenne lundi 28 février, indiquant que des propositions « concrètes » étaient à l’étude et allaient être présentées.

Des mesures déjà prises par les acteurs du secteur

Plusieurs chefs d’État ou de gouvernement avaient déjà évoqué, ces derniers jours, le fait de couper l’herbe sous le pied des certains médias russes affiliés de près ou de loin au Kremlin. Le président français, Emmanuel Macron, avait notamment insisté, vendredi 25 février, sur le besoin de se protéger des « relais de propagande russe sur le sol européen ».

De leur côté, les géants du secteur technologique ont déjà pris plusieurs mesures. Google et ses filiales ont ainsi bloqué l’application et la chaîne YouTube de RT en Ukraine. En outre, le groupe de Mountain View a également, tout comme les groupes Meta (Facebook) et Twitter, coupé l’accès à son outil publicitaire aux médias russes. 

« L’objectif étant de faire en sorte de stopper la propagande en Europe, on va regarder quels sont les supports qui contribuent à diffuser leurs messages », a détaillé pour sa part le porte-parole de la Commission européenne, Eric Mamer, lundi 28 février.

Si certains médias sont directement visés par la lettre cosignée par les États baltes et la Pologne, ces derniers appellent également à suspendre de manière « proactive » les comptes engagés, sur les réseaux sociaux, dans la négation, l’apologie ou la justification de l’invasion russe de l’Ukraine. 

Pour parvenir à ces résultats, indiquent les signataires, les autorités réglementaires et les experts pourraient intervenir pour aider les grands acteurs du secteur à identifier et évaluer les comptes concernés.

Enfin, la lettre appelle également les entreprises du monde du numérique à résister aux pressions du Kremlin pour censurer et restreindre l’accès aux plateformes sur le territoire russe. Là encore, les trois États baltes et la Pologne proposent leur aide. 

Voir la lettre conjointe : https://aeur.eu/f/ja (Thomas Mangin)

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