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Bulletin Quotidien Europe N° 12900
Invasion Russe de l'Ukraine / Agriculture

La Commission européenne est « très préoccupée » par les effets de la guerre sur les marchés de céréales - Conseil Agriculture informel mercredi

La Commission européenne a reconnu, lundi 28 février, l’impact énorme que la guerre en Ukraine aura sur le secteur agricole européen, notamment sur le blé, l’orge, le maïs ou encore le tournesol.

Le ministre français de l’Agriculture, Julien Denormandie, a convoqué, mercredi 2 mars, une réunion informelle (en visioconférence) des ministres de l’Agriculture des pays de l’UE consacrée aux effets du conflit sur les marchés agricoles de l’UE.

Lors d’un débat lundi au sein de la commission de l’agriculture du Parlement européen, les eurodéputés ont plaidé pour le renforcement de la sécurité alimentaire dans l’UE ainsi que pour la réduction de la dépendance des opérateurs européens à l'égard des importations. Ils ont aussi tenu à relativiser les problèmes économiques eu égard aux pertes humaines en Ukraine.

Le directeur général adjoint au sein de la DG Agriculture, Michael Scannell, s’est montré « très préoccupé » par les effets de l’invasion russe, sachant que l’Ukraine et la Russie représentent plus de 30% du commerce mondial de blé, 32% s’agissant de l'orge, 17% pour ce qui est du maïs et plus de 50% du commerce de l’huile et des graines de tournesol.

« Le prix du blé a fortement augmenté et les échanges commerciaux se sont arrêtés. Les opérateurs essayent de trouver des marchés alternatifs pour se fournir, mais ce n’est pas facile », a précisé le représentant de la Commission. Les échanges commerciaux via les ports de la mer Noire sont quasiment à l’arrêt, a relevé aussi M. Scannell.

La logistique en Ukraine est perturbée aussi, notamment s’agissant de la certification des semences. La saison des semences va aussi être perturbée. Cette crise pourrait se prolonger sur le moyen terme, a donc indiqué la Commission.

« Nous suivons de près la situation en Russie également. L’imposition de sanctions par la Russie serait un grand frein à tout échange commercial », a admis M. Scannell. La Russie avait imposé un embargo sur les produits agricoles de l'UE en 2014. 

Les exportations impactées aussi. Pour l’Ukraine, l’UE a des exportations importantes de volaille et de viande de porc. « Nous importons aussi beaucoup de viandes de volaille », a rappelé la Commission.

La Russie reste le 6e plus grand partenaire commercial de l’UE, avec des échanges de produits transformés à haute valeur ajoutée (confiseries, vins, alcools, biscuits, farines…) « Ces échanges pourraient être fortement impactés » en raison des sanctions, a précisé Michael Scannell.

Les contacts se poursuivent avec les différentes parties prenantes (engrais, céréales, aliments pour animaux), a assuré la Commission.

Dépendance, plan d’urgence, soja… Norbert Lins (PPE, allemand), le président de cette commission, a évoqué la hausse des prix du blé, mais aussi des engrais et de l’énergie.

Herbert Dorfmann (PPE, italien) a notamment évoqué le problème de l’approvisionnement en soja non génétiquement modifié. « Il sera difficile de se le procurer en Amérique latine », a-t-il dit.

Clara Aguilera (S&D, espagnole) a évoqué les répercussions (céréales, oléagineux) et demandé la mise en place d’un « plan d’urgence pour le secteur agricole » dans un « futur proche ».

Ulrike Müller (Renew Europe, allemande) a évoqué la hausse des prix des céréales, du pétrole et du gaz. Il faut renforcer l’autonomie de l’UE en matière de sécurité alimentaire, a-t-elle également dit.

Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) a demandé de développer la culture de soja en Europe et de renforcer l’autonomie de l’UE pour produire le fourrage destiné aux animaux. Bert-Jan Ruissen (CRE, néerlandais) a demandé à la Commission de revoir la stratégie 'de la ferme à la table' à la lumière de la nouvelle situation internationale.

La Commission travaille déjà sur certaines des faiblesses relevées par les eurodéputés (sécurité alimentaire, engrais, dépendance à l’égard du fourrage animal de pays tiers), notamment via le plan d’action présenté fin 2021 destiné à renforcer la sécurité alimentaire en Europe. La première réunion du groupe d’experts sur le sujet doit se tenir très prochainement.

Michael Scannell a aussi rappelé la création d’un groupe de réflexion pour évaluer l’avenir à long terme du secteur de la viande porcine, dont la première réunion aura lieu avant Pâques, a assuré la Commission.

Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) précisent, lundi, que l’Ukraine est le quatrième fournisseur alimentaire extérieur de l'UE et lui fournit un quart de ses importations de céréales et d'huile végétale, dont près de la moitié de son maïs.

Pour la communauté agricole de l'UE, cette crise vient s'ajouter à celle de la Covid-19 et aux fortes augmentations des prix de tous les principaux intrants agricoles (énergie, aliments pour animaux, engrais).

« Pour maintenir une Europe forte et pacifique, il est fondamental de préserver la sécurité alimentaire et les chaînes d'approvisionnement », indique le Copa-Cogeca. « L'agriculture européenne est un pilier central de notre autonomie stratégique. Les décideurs de l'UE doivent agir avec détermination et rapidité pour la préserver », conclut le Copa-Cogeca. (Lionel Changeur)

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