Le Parlement européen s’apprête, lors d’une session plénière extraordinaire en format hybride (en raison des conditions sanitaires liées à la pandémie de coronavirus), mardi 1er mars, à adopter une résolution sur la crise russo-ukrainienne dans laquelle il est demandé aux États membres d’œuvrer pour octroyer le statut de pays candidat à l’Ukraine, selon une version provisoire obtenue par EUROPE lundi 28 février. Ils mettent au contraire en garde les autres pays candidats à l’adhésion quand ils ne s’alignent pas sur les sanctions européennes.
Ainsi, ils apportent leur soutien plein et entier à l’Ukraine et à son peuple. Dans ce cadre, ils demandent aux institutions de l’UE d’œuvrer à l’octroi du statut de candidat à l’Ukraine, conformément à l’article 49 TUE, et à son intégration dans le marché unique dans l’intervalle. À ce titre, ils regrettent la position de la Serbie, qui ne s’est pas alignée sur les sanctions de l’UE contre la Russie. Cette décision « nuit à son processus d’adhésion à l’UE », peut-on lire.
Les parlementaires rappellent qu’ils attendent à ce titre des pays candidats qu'ils s'alignent sur les sanctions européennes. Pour eux, les pays candidats doivent s’aligner non seulement sur l’acquis de l’UE, mais aussi sur la politique étrangère et de sécurité commune de l’UE.
D’une manière générale, la résolution, qui a été négociée par les présidents et coprésidents de groupes du PPE, du S&D, de Renew Europe, des Verts/ALE et de La Gauche, condamne sans surprise et avec fermeté « l’agression » et « l’invasion » russe de l’Ukraine. Elle condamne dans la foulée le soutien de la Biélorussie à cette agression.
Les députés appellent à un élargissement des sanctions contre la Russie afin de l’affaiblir durablement économiquement, en particulier la base industrielle et militaire russe. Ils réclament que ces mêmes sanctions soient appliquées à la Biélorussie.
Point intéressant, les négociateurs de la résolution demandent de renforcer l’indépendance européenne sur le volet énergétique, à l’égard du gaz, du pétrole et du charbon russes, en particulier. Pour eux, il faut accélérer la diversification des approvisionnements et améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments. Surtout, ils réclament l’abandon du viaduc Nord Stream 2.
Ils rejettent la rhétorique de la Russie consistant à menacer de recourir à des armes de destruction massive - menace qui va à l’encontre des engagements internationaux de la Russie. Ils demandent dans ce contexte la fin de toute coopération des États membres avec la Russie dans le domaine du nucléaire, notamment avec Rosatom, l’entreprise publique russe spécialisée dans le secteur de l’énergie nucléaire.
Après un débat en début d'après-midi, les parlementaires adopteront donc une résolution (EUROPE 12898/6). Les résultats sont attendus en fin d’après-midi.
Pour consulter la version provisoire de la résolution : https://aeur.eu/f/j2 (Pascal Hansens)