Les députés membres de la commission des transports du Parlement européen ('TRAN') ont débattu, lundi 14 mars, du rapport de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) concernant l’interdépendance entre la sécurité de l’aviation civile et les facteurs socioéconomiques.
La nouvelle version du rapport de l’EASA, qui est tenue de le produire tous les trois ans, se penche notamment, dans un contexte de pandémie de Covid-19, sur les évolutions salariales du secteur de l’aviation et leur lien avec la sécurité du transport aérien.
Malgré l'accueil favorable de la présentation détaillée du rapport par le directeur général de l’EASA, Patrick Ky - dépassant largement le temps imparti par la présidente de la commission 'TRAN', Karima Delli (Verts/ALE, française) -, certains eurodéputés ont toutefois fait part de leurs regrets quant à la faiblesse estimée du document concernant les volets dédiés aux conditions d’emploi et à la sécurité.
« On ne voit pas toujours les conséquences des accidents dans la réalité. Il n’y a pas de corrélation entre ces données et l’amélioration de la sécurité, pas de rapport direct avec la sécurité », a jugé Barbara Thaler (PPE, autrichienne).
« Ce rapport sur les risques ne promet rien de concret. Le Parlement a demandé à de nombreuses reprises de s’intéresser aux contrats temporaires, aux personnes qui n'osent pas faire de rapports d’incident par peur de perdre un emploi », a déclaré Ciarán Cuffe (Verts/ALE, irlandais).
En outre, la question des conditions de travail, de la précarité de l’emploi et du développement de pratiques telles que le ‘pay-to-fly’, qui consiste pour les pilotes à payer pour voler, a occupé une partie des échanges.
« Les conditions précaires peuvent être liées à la question de la sécurité. Quand je lis le rapport, je ne vois pas quelles mesures ont été prises pour véritablement ne pas avoir de conséquences sur la sécurité. Il n’y a pas vraiment de recommandations », a estimé Petar Vitanov (S&D, bulgare).
« Nous attendions un rapport un peu plus complet. On a l’impression qu’aucune action concrète n'est envisagée », a résumé pour sa part Isabel García Muñoz (S&D, espagnole). (Thomas Mangin)