Les députés européens ont appelé l’Union européenne, mardi 8 mars, à durcir le ton face aux dirigeants de la Republika Srpska pour leurs velléités séparatistes et leurs accointances avec la Russie.
« Les accords de Dayton sont en péril, victimes de rhétorique sécessionniste et d’interférence étrangère. La paix, la stabilité, l’intégrité du pays en sont les enjeux », a souligné pour le PPE Paulo Rangel (portugais).
Ainsi, plusieurs députés ont demandé à l’UE d’adopter des sanctions à l’encontre des dirigeants de la Republika Srpska, dont Mirolad Dodik. « Il faut sanctionner Dodik et ses forces pour défendre l’intégrité du territoire de la Bosnie-Herzégovine », a plaidé Dietmar Köster (S&D, allemand), qui a aussi dénoncé le fait que M. Dodik utilise la guerre en Ukraine pour faire avancer ses politiques en faveur de la Russie. « Pour ceux qui ont toujours des fantasmes nationalistes, il faut des sanctions pour les décourager de déstabiliser le pays », a plaidé Klemen Grošelj (Renew Europe, slovène), rappelant qu'il n'y avait pas de retour possible au passé. Tineke Strik (Verts/ALE, néerlandaise) a également appelé à des sanctions économiques.
« La Commission européenne doit limiter l'accès aux fonds de l'Union », a ajouté M. Rangel. Lors du débat, le commissaire à l’Élargissement, Olivér Várhelyi, a expliqué que la Commission était prête à signer avec la Bosnie des projets pour un montant de 600 millions d’euros dans le cadre du plan d’investissement (EUROPE 12899/18), mais à la condition que les institutions de l’État fonctionnent à nouveau.
Plusieurs députés ont également demandé à l’UE d’apporter davantage de soutien à la société civile bosnienne.
Alors qu’il a été demandé à la Bosnie-Herzégovine de faire des réformes supplémentaires en vue d’obtenir son statut de candidat à l’adhésion à l’UE, M. Grošelj a estimé qu’il fallait envisager de donner au pays ce statut.
Enfin, les députés ont appelé le pays à faire les réformes constitutionnelles et électorales nécessaires, qui sont aussi des conditions pour avancer sur la voie européenne. (Camille-Cerise Gessant)