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Bulletin Quotidien Europe N° 12897
ACTION EXTÉRIEURE / Russie

M. Michel convoque un sommet extraordinaire, ce jeudi, pour discuter des dernières évolutions dans le conflit ukraino-russe

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a convoqué, mercredi 23 février, pour le lendemain dans la soirée, un Conseil européen spécial à Bruxelles pour discuter des derniers développements dans la crise russo-ukrainienne. Les États-Unis estiment qu’une attaque russe contre l’Ukraine est imminente.

Dans sa lettre d’invitation aux dirigeants européens, M. Michel explique qu’il veut que les dirigeants européens se penchent sur les moyens de protéger l'ordre international fondé sur des règles, les relations avec la Russie, « notamment en la tenant pour responsable de ses actes », et le soutien à l'Ukraine et à sa population. Ce soutien pourrait, entre autres, être financier, selon un diplomate européen.

« Il est raisonnable de se préparer à de nouveaux développements », a expliqué un diplomate européen, ajoutant qu’il fallait faire un point de la situation pour adapter la réponse européenne, notamment, si besoin, avec de nouvelles sanctions. « Nous sommes toujours dans un moment de grave danger », a-t-il ajouté.

Selon lui, le risque d’une crise migratoire pourrait aussi être abordé.

« Le recours à la force et à la coercition pour modifier les frontières n'a pas sa place au XXIe siècle », a prévenu le président du Conseil européen dans sa lettre d’invitation. Il a estimé que les actions agressives russes violaient le droit international ainsi que l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine et portaient atteinte à l'ordre sécuritaire européen. M. Michel a rappelé qu’il était important que les États membres restent « unis et déterminés » et qu’ils définissent ensemble leur approche et leurs actions collectives.

Sanctions à l’encontre de plusieurs ministres et hauts gradés de l'armée

En parallèle de l’annonce du sommet, les États membres ont officiellement adopté les sanctions annoncées la veille par le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell (EUROPE 12896/1).

Ils ont notamment décidé de sanctionner plusieurs centaines de personnes qui minent l’intégrité territoriale de l’Ukraine, à la fois en lien avec le Donbass, mais aussi la Crimée.

À l’heure de notre bouclage, les actes juridiques liés aux décisions n’étaient toujours pas publics, mais, selon un document obtenu par EUROPE, outre aux 351 membres de la Douma qui ont voté pour la reconnaissance de l’indépendance des 'Républiques populaires' de Donetsk et Louhansk, l’UE a imposé des mesures restrictives à l’encontre de quatre ministres russes : celui de la Défense, Sergueï Choïgu, le vice-premier ministre pour la construction et le développement régional, Marat Khousnoulline, le ministre pour le Développement économique, Maxim Reshetnikov, et le vice-premier ministre et chef du personnel du gouvernement, Dmitriy Grigorenko. Le chef de cabinet du bureau exécutif présidentiel, Anton Vaino, est également sanctionné.

Plusieurs hauts gradés militaires sont également concernés par des mesures : le commandant en chef de la marine russe, Nikolai Yevmenov, et son adjoint, Vladimir Kasatonov, les commandants en chef de la flotte de la mer Noire, Igor Osipov, des forces terrestres russes, Oleg Salyukov, et des forces aérospatiales russes, Sergueï Surovikin, et le commandant des forces aériennes, Sergey Dronov.

De plus, l’homme d’affaires, proche de Vladimir Poutine et chef officieux du Groupe Wagner, Evgueni Prigojine, est soumis à des sanctions, tout comme sa mère et son épouse.

L’UE adopte également des mesures à l’encontre de plusieurs responsables de la « propagande gouvernementale », dont Maria Zakharova, directrice du département de l'information et de la presse du ministère des Affaires étrangères, et Margarita Simonyan, rédactrice en chef du réseau d'information télévisé en langue anglaise Russia Today.

Enfin, l’Internet Research Agency, dont « l’objectif ultime est de manipuler l'opinion publique », la « banque personnelle » des hauts fonctionnaires russes, Bank Rossiya, la banque d’État, Promsvyazbank, et l’institution de développement financier VEB.RF sont soumis à un gel de leurs avoirs.

En plus des sanctions ciblées, l’UE a adopté des restrictions concernant les relations économiques avec les zones non contrôlées par le gouvernement ukrainien des oblasts de Donetsk et de Luhansk. La décision introduit entre autres une interdiction d'importation de marchandises en provenance des ‘Républiques populaires’, des restrictions au commerce et aux investissements liés à certains secteurs économiques, une interdiction de fournir des services touristiques et une interdiction d'exportation de certains biens et technologies.

Le Conseil a également décidé de restreindre la capacité de l'État et du gouvernement russes à accéder aux marchés des capitaux et aux marchés et services financiers de l'UE.

Voir les actes juridiques : https://bit.ly/3JKt0WK

Adhésion à l’UE

En outre, dans une déclaration commune avec leur homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, adoptée le 23 février, les présidents polonais, Andrzej Duda, et lituanien, Gitanas Nauseda, ont estimé que l’Ukraine méritait le statut de candidat à l’UE. « Nous soulignons que, compte tenu des progrès significatifs dans la mise en œuvre de l'accord d'association et des réformes internes ainsi que des défis actuels en matière de sécurité, l'Ukraine mérite le statut de candidat à l'Union européenne et la Lituanie et la Pologne soutiendront l'Ukraine dans la réalisation de cet objectif », précise la déclaration. (Camille-Cerise Gessant)

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