En cette Année européenne de la jeunesse 2022, le Parlement européen s'est prononcé en faveur d'un cadre juridique européen « destiné à assurer une juste rémunération des stages et apprentissages pour éviter les pratiques d’exploitation » en adoptant, jeudi 17 février, une proposition de résolution sur l'autonomisation des jeunes (580 voix pour, 57 voix contre, 55 abstentions).
Le Parlement invite les États membres à faciliter l’accès des jeunes à des stages et apprentissages rémunérés et de qualité et il « condamne la pratique des stages non rémunérés comme une forme d’exploitation des jeunes travailleurs et une violation de leurs droits ».
Néanmoins, il n'est pas allé jusqu'à demander l'interdiction des stages non rémunérés, en rejetant des amendements identiques des groupes S&D et Verts/ALE (293 voix pour, 377 voix contre, 26 abstentions) et du groupe La Gauche (290 voix pour, 386 contre, 20 abstentions). Se sont majoritairement opposés à ces amendements les groupes PPE, Renew Europe, Identité et Démocratie et CRE.
La veille, lors du débat en plénière, Dragoş Pîslaru (Renew Europe, roumain) avait estimé que l'Union européenne devait agir pour aider les jeunes à remonter la pente après deux années sacrifiées à cause de la pandémie de Covid-19. Il avait notamment évoqué l'engagement ‘One Youth, One Europe’ que son groupe avait dévoilé le même jour et qui liste des actions concrètes à mener afin de faciliter l'intégration professionnelle et la mobilité des jeunes.
Voir l'engagement ‘One Youth, One Europe’: https://aeur.eu/f/dr
Dans la résolution, a ajouté M. Pîslaru, nous appelons également à la création d'une 'hotline' pour répondre aux urgences liées à la santé mentale des jeunes, d'un véritable service civique européen, d'un pass européen pour la culture, d'une carte européenne pour la mobilité des jeunes (qui intégrerait le pass Interrail et le transport public gratuit dans les capitales de l'UE), d'un prêt européen pour les études et d'un bureau européen de coordination pour les jeunes.
Au nom de la Présidence française du Conseil de l'UE, le Secrétaire d'État aux Affaires européennes, Clément Beaune, a rappelé l’idée avancée par le président français de mettre sur pied « un service civique européen ».
Le commissaire européen à la Promotion du mode de vie européen, Margarítis Schinás, a évoqué le futur programme ALMA de mobilité réservé aux jeunes sans emploi ne suivant ni enseignement ni formation, annoncé en septembre dernier (EUROPE 12791/9).
Cette initiative, qui sera mise en œuvre dans le cadre du Fonds social européen Plus, consistera en « un Erasmus pour les jeunes Européens défavorisés âgés de 18 à 30 ans » et ce sont ces jeunes que nous souhaitons mettre en avant en les aidant à apprendre et à se former dans un autre pays, a dit M. Schinás. Sur la santé mentale, il a évoqué la création d'un groupe d'experts qui planchera sur la façon d'améliorer le bien-être à l'école et dans les lieux d'apprentissage.
Voir la résolution : https://aeur.eu/f/ds (Mathieu Bion)