Le Parlement européen a plaidé, jeudi 17 février, pour que l’Union soit dotée d’une doctrine de sécurité et de défense grâce à la Boussole stratégique, en vue d’accroître son autonomie stratégique.
En adoptant le rapport de Nathalie Loiseau (Renew Europe, française) sur la Politique de sécurité et de défense commune en 2021 (369 voix pour, 197 contre et 123 abstentions), les députés estiment qu’il est urgent de mettre en place une véritable Union européenne de la sécurité et de la défense qui englobe tous les aspects, instruments, budgets et capacités sécuritaires à la fois militaires et civils ainsi que l’ensemble du cycle des conflits, de la prévention à la stabilisation post-conflit.
Les députés saluent le lancement des travaux sur la 'Boussole stratégique', qui est « un point de départ pour la mise en œuvre d’une défense européenne commune et devrait être une étape majeure vers une véritable UE de la défense ». Ils appuient l’ambition de créer un corps d’intervention rapide, tel qu'il est proposé dans le projet de Boussole et qui « devrait, soit être le fruit d’une réforme ambitieuse des groupements tactiques, soit remplacer complètement ces derniers afin d’éviter de nouveaux doublons capacitaires dans la PSDC de l’Union ». Selon les députés, la 'Boussole stratégique' doit également comporter l’ambition de renouveler la PSDC civile.
Le rapport de Mme Loiseau revient en outre sur les missions et opérations de politique de sécurité et de défense commune de l’UE en 2020. Onze missions civiles et sept missions et opérations militaires de l'UE sont actuellement déployées.
Les députés invitent l’Union à reconsidérer et à améliorer les procédures actuelles de déploiement des missions afin de rendre le processus décisionnel plus rapide et plus efficace. De même, l’UE et ses États membres doivent doter les missions et opérations de la PSDC du personnel, de la formation et des capacités dont elles ont besoin pour accomplir leur mandat et se montrer plus réactives et plus résilientes dans des conditions moins favorables, estiment les députés.
Le PE réclame également le renforcement des structures de commandement de l’Union, en particulier l’état-major (EMUE) et la capacité militaire de planification et de conduite (MPCC).
Enfin, le rapport appelle à une Union plus résiliente, estimant que cela passe par la défense de la liberté de circulation en mer, la lutte contre les menaces hybrides et le renforcement de la cyberdéfense, la préservation de la souveraineté spatiale et aérienne de l’Union et la protection des infrastructures stratégiques.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/dc (Camille-Cerise Gessant)