Lors d’une réunion avec les coordinateurs des groupes politiques de la commission de l’agriculture du Parlement européen, mercredi 2 février, le commissaire Janusz Wojciechowski a douché les espoirs de ceux qui réclament des mesures de marché en faveur du secteur de la viande porcine.
Bien que 13 États membres aient demandé, lundi 31 janvier, au sein du comité spécial agriculture (CSA), des mesures de marché en faveur des producteurs de porcs, « sept États membres, y compris les principaux pays producteurs, tels que l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède et la Finlande, n'ont pas soutenu une demande de mesures de marché », a souligné le commissaire à l’Agriculture, selon son discours (https://aeur.eu/f/5q ).
« Ces sept États membres représentent près des deux tiers de la production porcine de l'UE et ils n'ont pas demandé de mesures de marché. Je pense que c'est un signal clair et un signal que je ne peux pas ignorer », a commenté M. Wojciechowski.
La Présidence française du Conseil de l’UE tente de rallier une majorité en faveur de telles mesures de marché (EUROPE 12880/10).
M. Wojciechowski a rappelé que la France avait dégagé une enveloppe de 270 millions d'euros via des aides d'État.
« L'ampleur du paquet français, s'il était étendu au niveau de l'UE, s'élèverait à 2,7 milliards d'euros, soit 6 fois plus que la réserve de crise », a aussi justifié le commissaire. La réserve pour les crises agricoles s'élève à 497,3 millions d’euros en 2022 et est financée en réduisant le montant des aides directes. Janusz Wojciechowski défend donc, plutôt que les mesures de marché, des aides nationales.
La Présidence française du Conseil de l'UE compte remettre le sujet de la crise du secteur porcin à l’ordre du jour de la prochaine réunion du Conseil 'Agriculture', les 21 et 22 février. Les ministres de l'Agriculture pourraient aussi en parler très prochainement, en marge de la réunion informelle à Strasbourg, du 6 au 8 février. (Lionel Changeur)