Les membres de la commission de la pêche du Parlement européen ont fait part, jeudi 3 février, de leurs inquiétudes au sujet des problèmes rencontrés par les navires de l’UE en ce qui concerne la mise en œuvre de l’accord de pêche avec le Sénégal, en vigueur depuis 2019.
La Commission européenne a tenté de rassurer les eurodéputés sur les problèmes, notamment en ce qui concerne la délivrance de licences aux navires de l’UE pour pêcher dans les eaux sénégalaises. Il s’agit de la troisième année d’application du protocole de 5 ans (EUROPE 12600/13).
Captures. Le représentant de la Commission a évoqué des divergences, non surmontées, sur les captures réalisées par les navires de l’UE. L’UE a fait des propositions de compromis « en vue d’arriver à des chiffres sur les données de captures et nous sommes en attente d’une réponse du Sénégal », a indiqué la Commission. Conséquence : le Sénégal n’a pas émis les licences de pêche demandées pour 2022. Or, des navires ont fait des demandes et ont payé les redevances. « Nous essayons de résoudre ce problème », a assuré la Commission. Une réunion extraordinaire de la 'commission mixte' dans le cadre du protocole UE/Sénégal pourrait avoir lieu en février, a espéré la Commission.
Canneurs. Le Sénégal limite l’accès des navires européens à la baie de Hann. Or, les canneurs ont besoin d’y prélever l’appât vivant. Les navires en question se retrouvent dans des situations très difficiles (pertes économiques et emplois menacés).
Or, un rapport scientifique a conclu que le prélèvement d’appâts vivants dans cette baie n’avait pas d’impact sur la ressource. L’UE estime que le Sénégal pourrait accepter un compromis (accès réglementé avec des limites spatiotemporelles). « Nous sommes dans une situation de blocage. J’espère que l’on pourra se réunir rapidement avec les Sénégalais pour trouver une solution », a dit la Commission.
Enfin, des fonds de l’UE d’indemnisation sont exclus, car il n’y a pas de cessation complète des activités. (Lionel Changeur)