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Bulletin Quotidien Europe N° 12883
POLITIQUES SECTORIELLES / Affaires intÉrieures

Les ministres de l'Intérieur de l'UE apportent leur soutien au projet français de renforcer la gouvernance politique de Schengen

Un nouveau pilotage de l’espace Schengen à travers un ‘Conseil Schengen’ qui soit beaucoup plus politique que l’actuel ‘comité mixte’, qui réunit déjà les pays membres de la zone de libre-circulation, et qui soit apte à réagir plus rapidement aux crises qui interviennent aux frontières extérieures ou autres défis posés à la zone.

C’est ce qu’a proposé mercredi soir le président français, Emmanuel Macron, aux ministres de l’Intérieur de l’UE réunis à Tourcoing, puis à Lille, ce jeudi 3 février.

Une discussion qui s’est poursuivie jeudi matin et a permis de constater « une unanimité » sur cette nouvelle plateforme, a relaté jeudi soir le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui a le projet de convoquer ce premier format le 3 mars prochain.

Mercredi soir, le président français avait expliqué aux ministres de l’Intérieur que cette enceinte politique aurait vocation à se réunir régulièrement et dès que nécessaire et à adopter rapidement des décisions, par exemple pour des crises soudaines comme celle avec la Biélorussie, fin 2021.

Chaque pays pourrait aussi y évoquer les difficultés rencontrées, qu’il s’agisse des problèmes liés aux arrivées dans les pays de première ligne ou aux mouvements secondaires dans les autres États membres.

Une des idées véhiculées par la Présidence française est, entre autres, d’établir un ‘baromètre Schengen’ avec des indicateurs sur la pression migratoire aux frontières extérieures, la pression des mouvements secondaires ou la situation sanitaire, un baromètre qui reprendrait un code couleurs déterminant les mesures spécifiques à prendre.

Cette idée de renforcement du pilotage politique aurait fait l’unanimité et l’idée serait déjà d’avoir ce baromètre le 3 mars.

Selon un document de discussion de la Présidence française du Conseil de l’UE, les discussions ministérielles sur Schengen, organisées à la fois entre les membres de l’UE, puis avec les pays associés, sont, à ce jour, trop souvent « théoriques » et « générales » et ont besoin désormais d’un volet de « gouvernance opérationnelle ». Les évaluations des problèmes dans l’espace Schengen sont par ailleurs trop « techniques » et, souvent, ne font pas la différence entre crise mineure et évènements d’ampleur pour la zone.

Si les réformes en cours du mécanisme d’évaluation Schengen et du Code frontières Schengen, présentées respectivement en juin et décembre 2021, vont dans le bon sens et répondent en partie à ces lacunes, la Présidence française estime qu’il faut aller un peu plus loin et pouvoir donner à cette nouvelle enceinte Schengen une capacité d’impulsion politique.

La proposition a été bien accueillie par la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, qui a reconnu le besoin « de renforcer la gouvernance politique de Schengen »

Elle a indiqué que l’UE présente aujourd’hui « de graves vulnérabilités. L’année dernière, Frontex a estimé que 39 millions de personnes étaient entrées dans l’espace Schengen sans avoir fait l’objet de vérifications dans le système d’information Schengen ».

La commissaire a d’ailleurs sondé les ministres à propos de Frontex, dont elle veut renforcer également la gouvernance politique, suggérant ainsi une réunion au moins une fois par an entre le conseil d’administration de l’agence et les ministres de l’Intérieur de l’UE.

L’Allemagne soutiendra, elle aussi, la proposition de renforcer la gouvernance de Schengen, a commenté jeudi matin la ministre allemande de l’Intérieur, Nancy Faeser, estimant important que les pays Schengen travaillent « en collaboration plus étroite ». (Solenn Paulic)

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