Comme chaque 27 janvier, date anniversaire de la libération du Camp d’Auschwitz, il y a 77 ans, l’ensemble des organes statutaires du Conseil de l’Europe se sont exprimés pour honorer la mémoire des victimes de l’Holocauste.
« Ce qui est devenu la Shoah n’a pas commencé par des agressions physiques. Cela a commencé... par des propos haineux, des diffamations et des théories du complot qui ont nourri le ressentiment antijuif existant depuis longtemps dans certaines parties de l’Europe », a rappelé la Secrétaire générale, Marija Pejčinović Burić, alors que Luigi Di Maio, ministre italien des Affaires étrangères et représentant de l’actuelle Présidence tournante du Comité des ministres, a insisté, dans sa déclaration, sur l’importance de « la compréhension et la connaissance de la Shoah ». « La lutte contre toute forme de déni et de déformation de cette tragédie » est essentielle, à ses yeux.
Même rejet du négationnisme dans les propos de Dunja Mijatović, commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l'Europe : « Nous nous devons de protéger la vérité ». « La protection de la liberté d’expression ne s’étend pas au déni de l’Holocauste, qui est un acte qui va à l’encontre des valeurs de la Convention européenne des droits de l’homme elle-même », avertit-elle en appelant les États membres du Conseil de l’Europe à améliorer, si nécessaire, leur législation.
« L’antisémitisme ne s’est pas arrêté à la fin de la Seconde Guerre mondiale », a déclaré pour sa part Tiny Kox, nouveau président de l’assemblée parlementaire. « Surgissant des bas-fonds d’Internet, la xénophobie et l’antisémitisme sont encore une fois en recrudescence. Nous devons agir de toute urgence pour les combattre dès maintenant ». (Véronique Leblanc)