La Présidence française du Conseil de l’Union européenne compte poursuivre les débats entre les États membres sur de potentielles adaptations du marché européen de l’énergie pour faire face à la flambée des prix, a assuré la ministre française de la Transition écologique, Barbara Pompili, jeudi 27 janvier, lors d’un échange avec les membres de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie (ITRE) du Parlement européen, dans un premier temps, et, ensuite, à l’occasion d’un entretien avec quelques journalistes.
« Soyez assurés que sous notre Présidence, cette hausse des prix de l’énergie continuera de faire l’objet de discussions approfondies, car nous ne pouvons pas sous-estimer les conséquences de cette montée des prix », a ainsi promis Mme Pompili aux eurodéputés.
Qualifiant cette hausse des prix de « crise d’une ampleur inédite » depuis le choc pétrolier des années '70, la ministre a rappelé que ce sujet a déjà été abordé sous la Présidence française, la semaine passée, lors d’une réunion informelle des ministres de l’Énergie des États membres, à Amiens. Une réunion à l’issue de laquelle Mme Pompili avait déclaré qu’une majorité d’États membres soutiennent une évolution du marché de détail de l’électricité (EUROPE 12875/10).
Lors d’un entretien avec quelques médias, dont EUROPE, en amont de sa discussion avec les députés, la ministre a exprimé sa volonté de remettre le débat sur la table lors de la prochaine réunion formelle des ministres de l’Énergie, le 27 juin (‘Conseil énergie’).
Pourquoi si tard ? Parce que l'Agence de coopération des régulateurs de l'énergie (ACER) et l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF ou ESMA en anglais) rendront, en avril, leurs conclusions sur la conception du marché de gros européen de l’électricité et sur le fonctionnement du système d’échange de quotas d’émission (ETS) de l’Union européenne.
Interrogée sur la possibilité que la France présente des propositions visant à modifier certaines modalités du marché européen de l’énergie lors de ce Conseil, la ministre a souligné la nécessité que la Présidence française reste dans son rôle de coordinateur.
« À la place où je suis (…), je peux rythmer (les discussions) et redonner un point de rendez-vous en juin pour montrer que c’est un sujet qu’on ne peut pas laisser traîner et sur lequel il faut qu’on revienne le plus régulièrement possible », a-t-elle ainsi répondu. Et d’ajouter : « On a surtout la Commission, qui peut faire des propositions suite à ces deux rapports (de l’ACER et de l’AEMF) ».
Si des divisions persistent entre les États membres, la ministre se veut optimiste. Il y a eu, tout au long des discussions à Amiens, « une conscience » de l’impact social de cette crise « que je n’avais pas forcément ressentie avant », a-t-elle ainsi déclaré.
Outre la question de la hausse des prix de l’énergie, la ministre a également été interrogée par les eurodéputés sur les intentions de la Présidence française concernant la taxonomie de l’UE.
Alors que la Commission prévoit d’inclure le gaz fossile et l’énergie nucléaire dans la taxonomie en tant qu’activités « transitoires » et sous certaines conditions (EUROPE 12877/26), Mme Pompili a défendu la nécessité de faire preuve de « pragmatisme » et d’utiliser « tous les outils qui nous permettent de baisser nos émissions de gaz à effet de serre ».
La ministre a également exprimé son souhait de faire résolument avancer les négociations au Conseil sur les propositions de révision de la directive (2018/2002) sur l’efficacité énergétique et de la directive (2018/2001) sur les énergies renouvelables, sans pour autant s’avancer sur la conclusion d’un accord politique (orientation générale) lors du Conseil 'Énergie' de juin. (Damien Genicot)