La ministre française à la Transition écologique, Barbara Pompili, a souligné l’importance de conserver l’ambition globale et la cohérence du paquet législatif sur le climat proposé par la Commission européenne en juillet 2021 ('Fit for 55 package'), mercredi 26 janvier, lors d’un débat avec les eurodéputés sur les priorités semestrielles de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne en matière d’environnement et de climat.
Son souhait : faire résolument avancer les négociations sur un maximum d’éléments du paquet 'Fit for 55’ d’ici les réunions ministérielles de juin prochain (‘Conseil énergie’ le 27 et ‘Conseil Environnement’ le 28), afin de permettre à l’UE de réduire ses émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55% d’ici 2030.
Ambitieuse, Mme Pompili ne compte pas ménager ses efforts. « Nous multiplierons les efforts pour progresser véritablement et, si possible, aboutir à des compromis portant sur l’ensemble des textes », a-t-elle ainsi assuré.
Outre le maintien de la cohérence, le deuxième principe qui guidera l’action de la Présidence française en matière de climat et d’environnement est celui d’une transition juste, « condition sine qua non de la réussite de la décarbonation ».
La ministre a ensuite mentionné l’importance d’établir un Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE (MACF ou CBAM en anglais) tout en respectant les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et d’avancer sur la préservation de la biodiversité, notamment en préparant la COP15 à Kunming (Chine).
Afin de progresser en matière de biodiversité au niveau de l’UE, la Présidence française attend avec un grand intérêt la proposition de la Commission européenne sur la restauration des écosystèmes, a souligné Mme Pompili.
La négociation du règlement sur la déforestation importée constitue en outre une priorité pour Paris, au même titre que la généralisation de l’économie circulaire.
Sur ce dernier point, la ministre a mentionné le règlement sur les batteries, afin de « s’assurer que l’UE se dote très rapidement des meilleurs standards mondiaux en termes de production de batteries vertes et durables ». Elle espère aboutir à un accord politique entre les États membres (orientation générale) lors du Conseil 'Environnement' du 17 mars.
Elle souhaite également avancer sur le règlement relatif au transfert frontalier de déchets. Elle a en outre promis de lancer les discussions sur le paquet législatif ‘Produits durables’ dès sa publication par la Commission (prévue pour le 5 avril, selon l’agenda provisoire).
La ministre a également souligné la nécessité de garantir un environnement plus sain, qu’il s’agisse des produits chimiques, des polluants atmosphériques ou encore de la gestion des eaux usées ou des déchets. La Présidence française du Conseil démarrera les discussions sur tous ces sujets en fonction du calendrier législatif de la Commission, a-t-elle ensuite assuré.
Enfin, elle a précisé que la réduction de l’usage des pesticides, en mettant en œuvre les objectifs inscrits tant dans la stratégie de l’UE 'de la ferme à la table' que dans celle sur la biodiversité, faisait également partie des priorités de la Présidence. (Damien Genicot)