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Bulletin Quotidien Europe N° 12877
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Les eurodéputés restent inquiets des effets de la stratégie 'de la ferme à la table' sur le secteur agricole

Les eurodéputés se sont montrés majoritairement inquiets, mardi 25 janvier, des conséquences de la stratégie 'de la ferme à la table' sur le secteur de l’agriculture.

Une audition publique conjointe des commissions de l'environnement et de l'agriculture a eu lieu mardi sur l’impact de la stratégie sur les systèmes agricoles et alimentaires.

Deux experts, Jayson Beckman, du service de recherche économique au Département de l'Agriculture des États-Unis, et Roel Jongeneel, de l’Université de Wageningen, ont rappelé les conclusions de leurs études sur les effets de cette stratégie, à savoir une baisse de la production agricole de l’UE (entre 10 et 15%) et une hausse des importations en provenance de pays tiers.

« Notre institut est indépendant », a rappelé notamment Roel Jongeneel, en réponse aux attaques sur l’influence du lobby agricole sur les résultats de l’étude néerlandaise.

Le représentant de la Commission européenne a insisté sur le changement des comportements des consommateurs (baisse de la consommation de viande bovine, par exemple) et sur le fait qu’il fallait tenir compte des techniques qui permettent de baisser les prix et les coûts de production.

« Nous avons besoin de durabilité, mais aussi de productivité », a fait valoir Herbert Dorfmann (PPE, italien). Biljana Borzan (S&D, croate) a évoqué au contraire les coûts de l’inaction sur le changement climatique.

Ulrike Müller (Renew Europe, allemande) s’est inquiétée des études prédisant moins de production pour l’UE et une hausse des importations alors que l’UE a les normes de durabilité les plus exigeantes au monde.

Silvia Sardone (ID, italienne) a estimé que la Commission s’est trop peu concentrée sur la durabilité commerciale pour les agriculteurs. Les études du Centre commun de recherche montrent une baisse entre 5 et 15% de la production agricole et une hausse de 10% des coûts de production. Les prix vont aussi augmenter pour les consommateurs.

Mazaly Aguilar (CRE, espagnole) a estimé que la stratégie 'de la ferme à la table' ne tient pas la route et a déploré que la Commission n’ait pas elle-même publié des études d’impact.

'Non' aux prévisions apocalyptiques ! Tilly Metz (Verts/ALE, luxembourgeoise) s’est emportée contre les prévisions apocalyptiques du lobby agricole et les présentations alarmistes de ces deux études. La production de produits animaux doit être fortement réduite pour atteindre les objectifs du 'Pacte vert européen', a-t-elle estimé.

Pascal Canfin (Renew Europe, français), président de la commission de l’environnement du PE, a estimé notamment que les clauses de réciprocité « pourraient nous aider à aller de l’avant ». L’année prochaine, la Commission fera sa proposition sur le cadre alimentaire durable, a-t-il rappelé.

Nora Hiller, de l’Institute for European Environmental Policy (IEEP), a prôné des mesures pour revoir le système alimentaire (résilience, notamment). Sans actions, les sols risquent de ne plus être en mesure de produire, a-t-elle notamment souligné, en réponse à des questions.

Pierre-Marie Aubert, de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), a estimé que les objectifs de la stratégie 'de la ferme à la table' sont réalistes.

Anja Hazekamp (La Gauche, néerlandaise) a estimé que « notre manière de produire et de consommer est nocive ». Les propositions législatives seront accompagnées d’analyses d’impact qui montreront mieux les incidences de la stratégie 'de la ferme à la table', d'après elle. Mme Hazekamp a demandé de réaliser une analyse des coûts de l’inaction, notamment sur la biodiversité.

Plusieurs eurodéputés ont insisté sur le besoin d’atteindre les objectifs en matière de réduction du gaspillage alimentaire.

La Commission publiera en 2023 un cadre de suivi pour évaluer les progrès et les effets cumulatifs des différentes initiatives de la stratégie 'de la ferme à la table'.

Le Centre commun de recherche de la Commission européenne (JRC) a lancé le 11 janvier un questionnaire afin d’évaluer comment les maillons de la chaîne agroalimentaire peuvent modifier leurs pratiques pour s’orienter vers une production plus durable. Durant l’été 2021, le JRC a tablé sur des baisses de production pouvant aller jusqu’à 15% en 2030. (Lionel Changeur)

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