« Si nous allons tous vers la décarbonation de notre économie, nous devrons tous prendre des mesures comparables au mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) pour éviter la fuite de carbone », a indiqué le vice-président de la Commission européenne chargé du 'Pacte vert', Frans Timmermans, mercredi 10 novembre, lors d’un discours à la 26e session de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP26).
L'initiative européenne du MACF est, pour l'instant, accueillie froidement par les partenaires commerciaux de l'UE. Ceux-ci estiment qu'ils se retrouveront fortement désavantagés par les coûts supplémentaires d'importation dus au MACF. Le 2 novembre, à la COP26 également, la directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce, Ngozi Okonjo-Iweala, mettait en garde contre une forme de protectionnisme (EUROPE 12826/8).
Au Parlement européen, le projet est accueilli favorablement. Toutefois, ses membres estiment que les revenus issus des certificats MACF ne devraient pas uniquement alimenter le budget européen.
« Les revenus doivent servir l'action climatique. Nous devons les utiliser pour nous assurer que les pays les moins développés puissent participer à la transition climatique et faire partie du système commercial mondial », a indiqué Karin Karlsbro (Renew Europe, suédoise), rapporteur de l'avis en commission du commerce international (INTA).
À la COP26, son collègue Peter Liese (PPE, allemand) s'est montré confiant quant à la possibilité d'inclure cet aspect dans le texte qui sera voté au Parlement. « Je peux imaginer que la Parlement européen adoptera un amendement qui demande qu'au moins une partie des revenus soient dirigés vers la décarbonation des pays les moins développés », a-t-il indiqué. (Léa Marchal, avec Damien Genicot)