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Bulletin Quotidien Europe N° 12830
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Charles Michel appelle l'UE à prendre rapidement une décision sur le financement européen de barrières physiques aux frontières extérieures

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a appelé l'UE, mercredi 10 novembre, à trancher « rapidement » la question du potentiel financement par le budget européen d’infrastructures physiques anti-migrants aux frontières extérieures de l’UE, indiquant que ces financements seraient légaux du point de vue du Conseil de l’UE.

Le président du Conseil européen s’exprimait à Varsovie aux côtés du Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, qui a dénoncé à nouveau les agissements de Minsk et souligné le fait que la Pologne défendait non seulement ses frontières, mais aussi celles de « l’est de l’UE et de l’OTAN ». Le Polonais s’est ainsi réjoui du soutien de l’UE et du fait « qu’elle parle d’une seule voix ».

Il s’est aussi félicité de la préparation de nouvelles sanctions contre le régime Loukachenko et a appelé à d’autres mesures diplomatiques de rétorsion. Le Premier ministre a notamment annoncé la fermeture de points de passage supplémentaires aux frontières, qui aura aussi un impact économique pour la Biélorussie.

Critiqué pour n’autoriser aucun accès de médias ou d’ONG à cette zone frontalière, il a annoncé la création prochaine d’un centre pour des médias. 

M. Morawiecki a également indiqué avoir demandé la tenue d’une vidéoconférence des dirigeants européens pour parler de la situation « avant le Conseil européen de décembre ».

Pour Charles Michel, il était important « d’exprimer la solidarité de l’UE » face à une « attaque brutale, violente et indigne ». Interrogé sur la question des murs et clôtures anti-migrants, il a considéré que l’UE devait bientôt « clarifier sa capacité de faire preuve de solidarité ou pas avec les pays de première ligne qui défendent aussi les frontières communes », signalant ainsi une position favorable à ces infrastructures. Il a aussi rappelé que le débat n’avait pas été clos le 22 octobre au Sommet européen (EUROPE 12818/1).

Tensions

Les ambassadeurs nationaux auprès de l’UE ont précisément reparlé de ce type de mesures mercredi matin, dans un débat que certains ont jugé tendu entre partisans et opposants à ces actions. La Commission aurait d'ailleurs redit à cette occasion son opposition à ces financements de clôtures par le budget européen.

En ce qui concerne les sanctions envisagées contre Minsk et des pays tiers dont les compagnies aériennes pourraient aussi être visées par des mesures ciblées, les ambassadeurs ont aussi accepté le principe d'un cinquième paquet de mesures et suggéré qu’une réunion de l’instance de crise du Conseil de l’UE, l'IPCR, soit aussi convoquée pour parler de ces sanctions. Ils pourraient parler à nouveau la semaine prochaine de ces sujets, dont celui des infrastructures physiques.

Coopération avec les États-Unis

À l'issue d'une rencontre avec le Président américain, Joe Biden, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé pour sa part une coopération entre l'UE et les États-Unis « sur les pays d'origine et sur les sanctions à l'encontre des compagnies aériennes de pays tiers impliquées dans le trafic » d'êtres humains. 

Alors que l'UE devrait adopter, la semaine prochaine, des sanctions supplémentaires contre des personnes et des entités, Mme von der Leyen a annoncé que Washington préparait des mesures qui entreront en vigueur début décembre. 

Estimant que la situation à la frontière entre la Biélorussie et plusieurs États membres de l'UE résultait non pas d'une crise migratoire, mais d'une « tentative d'un régime autoritaire d'essayer de déstabiliser ses voisins démocratiques », la présidente de la Commission a prévenu que le régime de Loukachenko ne réussirait pas. Elle a ajouté qu'il fallait protéger nos démocraties d'un jeu de pouvoir géopolitique cynique. 

Mme von der Leyen a également affirmé qu'il était important que les agences des Nations Unies aient accès en Biélorussie aux migrants dans cette situation « très très difficile », des « personnes innocentes », a-t-elle souligné. (Solenn Paulic avec Camille-Cerise Gessant)

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