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Bulletin Quotidien Europe N° 12830
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / BiÉlorussie

Josep Borrell appelle à une réponse forte à une menace hybride et une crise humanitaire créée par le régime Loukachenko

S'exprimant mercredi 10 novembre devant le Parlement européen, le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, n'a pas eu de mots assez durs pour vilipender l'instrumentalisation des migrants par le gouvernement d'Alexandre Loukachenko et a appelé à une réponse forte et unitaire de l'UE combinant nouveau train de sanctions contre le régime biélorusse et aide humanitaire aux victimes de cette instrumentalisation.

Selon lui, il s'agit d'une attaque hybride contre l'UE, qui a débuté cet été avec des personnes provenant d'Irak acheminées en Biélorussie pour rejoindre ensuite l'UE. La situation avait semblé se stabiliser pour reprendre de plus belle depuis octobre en multipliant les pays d'origine et de transit des victimes de trafiquants d'êtres humains.

« Ce n'est pas une guerre, mais une attaque d'un régime qui joue sur le désespoir des personnes. Un dictateur se permet d'utiliser des personnes comme arme politique, selon son bon vouloir. »

Il a indiqué que le Service européen pour l'action extérieure avait entrepris des démarches diplomatiques en alertant les pays d'origine et de transit pour leur demander de coopérer pour arrêter ces vols.

Le SEAE est en contact avec 13 pays partenaires et le vice-président de la Commission, Margarítis Schinás, se rendra prochainement à Abu Dhabi, Erbil et Ankara pour traiter de cette crise « qui exerce des pressions sur les frontières extérieures de l'Union ».

Un cinquième train de sanctions « incluant les personnes responsables d'avoir alimenté cette crise » sera pris contre le gouvernement biélorusse, et les ministres européens des Affaires étrangères se pencheront sur cette question lundi 15 novembre.

« Par ailleurs, c'est une crise humanitaire. Il faut donc la traiter comme telle », a souligné M. Borrell. Il a déploré que les organisations humanitaires ne soient pas en mesure d'aider ces personnes aux frontières, que ce soit du côté biélorusse ou européen, car les autorités biélorusses n'accordent pas l'accès.

Le Haut Représentant a indiqué avoir parlé de la situation avec le Haut-commissaire de l'ONU aux Réfugiés, Filippo Grandi, et a qualifié la situation d'inacceptable. « L'hiver est là. Des milliers de personnes doivent attendre dans les bois sans eau, sans chauffage, à des températures très basses ».

La priorité, selon lui, est d'obtenir du gouvernement biélorusse l'accès humanitaire. Il conviendra ensuite d'ouvrir des corridors pour les personnes qui doivent retourner chez elles et « ont besoin d'aide humanitaire pour les sortir de la situation où les a mises le régime Loukachenko ». Il faudra aussi trouver des accords avec les pays de transit et d'origine pour un retour de ces personnes en sécurité.

« Ce qui nous préoccupe tous, c'est la situation humanitaire et ensuite la situation géopolitique difficile dans laquelle nous nous retrouvons. Nous devons mobiliser toutes nos ressources pour aborder toutes les dimensions - humanitaire, géopolitique, migratoire » du problème, a déclaré M. Borrell.

Tous les députés ont appelé à une réponse ferme, avec un clivage entre la droite et la gauche concernant l'idée d'ériger un mur à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne.

Manfred Weber (PPE, allemand) a estimé qu'en situation extraordinaire, les fonds de l'UE devaient pouvoir financer la construction d'une clôture pour protéger les frontières extérieures de l'UE, au grand dam d'Iratxe Garcia Sanchez (S&D espagnole) pour qui « des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants en détresse ne sont pas une menace pour notre sécurité ». (Aminata Niang)

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