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Bulletin Quotidien Europe N° 12830
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Migration

Filippo Grandi appelle l'UE à cesser la course au "moins-disant" en ce qui concerne le droit d'asile

Le Haut-Commissaire aux Réfugiés des Nations Unies, Filippo Grandi, a appelé, mercredi 10 novembre, l’UE à cesser la « course au moins-disant » en ce qui concerne l’accueil des demandeurs d’asile, jugeant la politique européenne en la matière « mitigée » et se disant préoccupé par « les pratiques de certains États membres ».

L’Italien s’exprimait devant les eurodéputés à l’occasion d’un débat sur les 70 ans de la Convention de Genève pour les réfugiés. Un débat fortement marqué par l’actualité en Pologne et à la frontière avec la Biélorussie.

Le Haut-Commissaire a rappelé à cet effet que la politique de fuite en avant appuyée par le régime de Minsk était inacceptable et aggravait la situation de personnes déjà vulnérables. L’ONU demande une « action urgente » permettant notamment l’accès du personnel humanitaire à ces zones, a-t-il rappelé.

Mais cette actualité a aussi permis à l’Italien de mettre en garde les Européens contre des actions « impulsives ». « Ces défis ne justifient pas des réactions impulsives » passant « par des murs, des barbelés, des refoulements », le Haut-Commissaire évoquant plus largement les cas de migrants à la fois battus ou même jetés à l’eau et laissés sans secours, et dénonçant « toutes les tentatives de contourner le droit à l’asile ».

« L’UE peut faire mieux sur l’asile et l’État de droit », a-t-il dit, reconnaissant aussi que l’immigration irrégulière et le fait que des personnes arrivent sans pouvoir prétendre à la protection peuvent représenter un défi pour la confiance du public dans les systèmes d’asile. Ici, l’ONU, mais aussi l’OIM peuvent aider les États membres, a-t-il encore insisté.

Plus largement, l’Italien a invité les États membres à renforcer leurs offres de réinstallation de réfugiés - alors que le monde comptait en 2020 plus de 80 millions de personnes déplacées en interne dans leur pays par des conflits ou autres crises et que des crises s'aggravent actuellement comme en Éthiopie -, mais aussi à faciliter le maintien des populations dans leurs pays d’origine par des capacités de paix ou l’aide financière.

Son discours a été appuyé par les groupes S&D, Verts/ALE ou Renew Europe, dont certains représentants ont déploré la constitution d’une 'Europe forteresse'. « Ériger des murs, c’est empêcher le droit à l’asile », a dit l’Italienne Simona Bonafé (S&D).

Pour le Néerlandais Jeroen Lenaers (PPE), chaque État membre « doit apporter sa contribution au Pacte global des réfugiés » (signé fin 2019), mais l’UE a aussi accueilli plus de 5 millions de réfugiés au cours des 5 dernières années et des centaines de milliers de demandes d’asile sont ouvertes. « Il faut aussi reconnaître qu’il y a des personnes qui ne sont pas des réfugiés et qui exploitent les mécanismes de l’asile », le député appelant encore à mieux faire la distinction entre personnes ayant besoin de la protection internationale et les autres. (Solenn Paulic)

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