Les dirigeants des vingt économies les plus puissantes au monde se réunissent à Rome, samedi 30 et dimanche 31 octobre, pour un sommet du G20, sous présidence italienne, de nouveau placé sous le signe de la relance économique post-pandémie et de l'enjeu climatique, avec en prime, cette fois, l'imminence de la COP26 de Glasgow, qui débutera dimanche.
Vendredi, se tenait à Rome une réunion des ministres des Finances et de la Santé du G20, et les négociations se poursuivaient sur le projet de déclaration finale qui actera le résultat des discussions sur l'économie et la santé mondiale (samedi) et celles sur le changement climatique et l'environnement, ainsi que le développement durable (dimanche).
Économie mondiale et santé mondiale
Parvenir, à court terme, à obtenir de nouvelles promesses de dons de vaccins anti-Covid-19 aux pays à faibles et moyens revenus, par le biais de Covax, pour vacciner 70% de la population mondiale à la mi-2022 est une priorité de l'UE, qui sera représentée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel.
« Nous soutenons pleinement cet objectif », sur lequel le G20 devrait s'engager, soulignait Mme von der Leyen jeudi (EUROPE 12791/1).
À plus long terme, c'est la production de vaccins dans les pays en développement qu'il faut soutenir, a-t-elle souligné, rappelant que l'UE a investi un milliard d'euros pour cela, avec pour objectif d'« apporter la technologie ARNm au continent africain ».
L'UE espère aussi que le G20 pourra s'entendre sur le renforcement de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), en faisant fructifier les résultats du sommet mondial de la santé (EUROPE 12819/20, 12687/8).
Mme von der Leyen a parlé d'« une OMS forte pour mieux préparer le monde, pour préparer une réponse structurelle et combler le fossé entre les finances et la santé ».
Mais ce n'est pas gagné. La question d'un conseil pour la santé et le financement (Health and Financing Board ) et d'un fonds intermédiaire (Intermediary Fund) pour le financement de la préparation sont controversées.
La négociation d'un Traité mondial sur les pandémies, que l'UE et l'OMS appellent de leurs vœux comme futur cadre mondial pour se préparer aux pandémies, sera abordée et devrait figurer dans la déclaration finale.
S'agissant de la relance économique, une discussion est prévue sur la nécessité d'agir davantage pour que les chaînes d'approvisionnement suivent la demande.
Sera également débattue la flambée des prix de l'énergie, qui pourrait menacer la reprise économique. Le sujet est délicat eu égard aux intérêts divergents des pays fournisseurs (l'Arabie Saoudite, la Russie) et des pays consommateurs (l'Europe, la Chine, les États-Unis, l'Inde) qui sont préoccupés. Il pourrait être mentionné dans la déclaration finale, sans qu'il soit possible de connaître avec quel degré de détail.
Le sommet du G20 devrait entériner la taxation minimale mondiale de 15% des multinationales après l'accord sur la réforme de la fiscalité internationale à l'OCDE (EUROPE 12808/2). L'UE est prête à la mettre en œuvre, a indiqué Mme von der Leyen.
En outre, les dirigeants discuteront de la dette des pays pauvres. Ils traiteront de la question des droits de tirage spéciaux pour favoriser la relance mondiale, sachant que l'allocation générale de 650 milliards de DTS du FMI pourra aider les pays les moins avancés, mais ne suffira pas (seuls 3,2% du montant sont allés aux pays à faibles revenus, tandis que les pays du G7 en ont reçu 43,5 %).
L'UE poursuit l'objectif des 100 milliards de DTS réalloués sur une base volontaire à l'Afrique (EUROPE 12740/9).
Selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, l'encours de la dette des pays à faible revenu a bondi de 12% en 2020. Les pays pauvres transfèrent une part croissante de leurs recettes fiscales aux créanciers, pour assurer le service de leur dette - une situation qui risque de s'aggraver avec l'expiration de l'initiative du G20 de suspension du service de la dette fin 2021. Et, en un an, aucun pays n'a encore bénéficié d'un allègement de la dette.
« L'absence d'institutions multilatérales efficaces pour la résolution des crises de la dette est une énorme lacune dans l'architecture financière internationale, et le G20 a la responsabilité de contribuer à combler cette lacune », soulignait vendredi dans un communiqué le directeur du programme de financement du développement durable du Global Policy Forum (GPF), Bodo Ellmers.
Climat
Pour la COP26, l'UE attend du G20 qu'il donne l'impulsion à un relèvement des ambitions, notamment en termes de financement des 100 milliards de dollars US par an, promis collectivement depuis la COP15 aux pays en développement, à l'horizon 2020 et jusqu'en 2025, pour soutenir leurs efforts d'atténuation et d'adaptation (EUROPE 12822/9). (Aminata Niang)