Réagissant, jeudi 28 octobre, à la publication d’un nouvel indice de l’égalité de genre dans l’UE, la commissaire européenne à l’Égalité, Helena Dalli, a reconnu que la prise en compte de la dimension de genre en matière de santé était « cruciale pour des services et des politiques de soins efficaces ».
Dans son indice de l’égalité 2021, publié jeudi, l’Institut de l’UE pour l’égalité de genre (EIGE) a en effet mis « un coup de projecteur » sur les liens entre santé et égalité de genre.
La santé reste, selon l'EIGE, l'un des domaines les moins affectés par les inégalités entre hommes et femmes. Un certain nombre d'inégalités persistent toutefois.
La commissaire européenne s’est notamment inquiétée des obstacles spécifiques rencontrés dans l’UE par les jeunes filles et les femmes en matière d’accès aux soins de santé sexuelle et génésique – obstacles exacerbés par la crise sanitaire.
Dans le cadre de la pandémie de Covid-19, « les femmes et les filles ont eu du mal à accéder aux informations et aux fournitures relatives à l'hygiène menstruelle en raison des fermetures d'écoles, des restrictions de mobilité et de difficultés économiques », a notamment regretté la commissaire, précisant que des obstacles existaient toutefois déjà dans certains États bien avant la pandémie.
« En Europe, l’une des régions les plus riches au monde, des femmes et des filles continuent de manquer le travail ou l’école car elles n’ont pas accès aux produits menstruels. C’est tout à fait injuste », a également réagi l’eurodéputée hongroise Katalin Cseh (Renew Europe).
Plus largement, l’EIGE souligne que près de 95% des besoins de planification familiale sont satisfaits chez les femmes de l’UE, mais que des différences subsistent entre les États membres.
Ainsi, tandis qu’en Slovénie, seulement 3% des femmes et des filles déclarent avoir des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, ce taux atteint 5% en Allemagne et 8% en Espagne.
Même constat pour l’accès à l’avortement : « les lois et politiques relatives à l'accès aux services d'avortement, avec les conséquences sur la santé reproductive des personnes qui y ont recours, varient considérablement en Europe », constate l’EIGE, évoquant par ailleurs l’existence d’obstacles aux avortements légaux à différents degrés dans l’UE.
Le réseau européen de la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF) s’est félicité, jeudi, de voir « la santé et les droits sexuels et reproductifs reconnus comme étant essentiels à la santé et à l’égalité de genre ».
La commissaire à l’Égalité, quant à elle, a répété que « garantir à tous un accès abordable à des soins de santé adaptés, abordables et de qualité restait une priorité pour l'UE ».
Pour consulter l'index : https://bit.ly/3pPYTXm (Agathe Cherki)