L’ambassadeur de l’UE en Biélorussie, Dirk Schuebel, a expliqué aux députés de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, mardi 26 octobre, qu'alors que les discussions se concentrent sur la pression migratoire venant de la Biélorussie, il ne fallait pas oublier la situation des droits de l’homme dans le pays.
« Beaucoup parlent de la migration ; cela fait les gros titres des journaux, mais le problème le plus important est la situation des droits de l’homme », a expliqué l’ambassadeur, qui avait dû quitter le pays en 48 heures à la fin du mois de juin, à la demande des autorités biélorusses. Les ambassadeurs polonais, lituanien, letton et français ont aussi dû partir et plusieurs ambassades européennes ont fermé ou leurs services ont été réduits.
M. Schuebel a expliqué qu’il y avait actuellement 820 prisonniers politiques en Biélorussie. « La campagne pour réduire au silence toutes les voix indépendantes qui restent continue », a-t-il ajouté, citant également le manque de liberté de la presse et les attaques massives contre la société civile.
Face à ces attaques, l’ambassadeur a reconnu qu’il était difficile pour l’UE d’agir. « On parle encore aux gens, on essaie d’entrer en contact, mais la plupart des ONG ont été liquidées ou sont sur le point de l’être. Les opposants sont en prison ou à l’étranger et sinon ils se cachent, mais notre présence est importante », a-t-il expliqué.
L’ambassadeur a confirmé que l’UE préparait un cinquième paquet de sanctions à l’encontre du régime. Selon lui, le paquet se concentrera sur les questions migratoires, mais pas seulement. « Nous allons continuer à maintenir la pression jusqu’à ce que certaines de nos demandes, au moins, aient une réponse », a-t-il promis. Les députés présents lors de la discussion ont demandé une réaction plus forte de l’UE face aux actions du régime.
M. Schuebel a appelé à faire preuve d’une « patience stratégique ». « Il faut rester ferme, ne pas relâcher nos demandes et démontrer les possibilités que le pays aura s’il satisfait nos demandes », a expliqué l’ambassadeur, rappelant la proposition de l’UE d’un plan économique pour une Biélorussie démocratique de 3 milliards d’euros (EUROPE 12729/14). Selon lui, « il faut une patience stratégique pour soutenir les droits de l’homme et la démocratie, car la population le mérite ».
Par ailleurs, interrogé sur la place de la Biélorussie lors du sommet du Partenariat oriental du 15 décembre, l’ambassadeur a précisé qu’il n’y avait pas encore de décision, notamment sur la participation du pays, mais que cela ne serait certainement pas les autorités qui le représenteraient.
Le rapporteur du PE sur la Biélorussie, Petras Auštrevičius (Renew Europe, lituanien), a demandé que l’opposition soit invitée au sommet. (Camille-Cerise Gessant)