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Bulletin Quotidien Europe N° 12724
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / SantÉ

Le Sommet de Rome s'engage sur des principes pour guider la réponse mondiale aux futures pandémies

À en croire Ursula von der Leyen, « un nouveau chapitre de l'Histoire de la santé mondiale » s'est ouvert, vendredi 21 mai, à Rome, avec le premier sommet mondial de la santé depuis la pandémie de Covid-19, coprésidé par la Présidence italienne du G20 et la présidente de la Commision européenne.

Chefs d'État ou de gouvernement et organisations internationales ont adopté la déclaration de Rome, dont les principes agréés posent les jalons d'une coopération internationale renforcée pour sortir de la crise de la Covid-19 et améliorer la préparation aux suivantes par des solutions pérennes et globales (EUROPE 12723/2). 

« Les dirigeants mondiaux se sont fermement engagés en faveur du multilatéralisme et de la coopération mondiale en matière de santé. Cela signifie qu'il ne faut pas interdire les exportations, qu'il faut maintenir les chaînes d'approvisionnement mondiales ouvertes et s'efforcer d'étendre les capacités de production partout dans le monde », a déclaré Mme von der Leyen.

 Le slogan « Personne ne sera en sécurité tant que tous ne le seront pas » était revenu comme un leitmotiv tout au long des interventions toute la journée, exprimant la conviction de tous les participants qu'il faut vacciner la population mondiale aussi vite que possible. 

« Alors que nous nous préparons pour affronter la prochaine pandémie, notre priorité doit être de nous assurer que nous surmontons la pandémie actuelle ensemble. Nous devons vacciner le monde, et vite », avait affirmé le président du Conseil italien, Mario Draghi, à l'ouverture du sommet.

À la clôture, il s'est félicité de cette déclaration et des engagements pris comme d'une « base solide pour renforcer notre réponse aux pandémies et garantir que nous soyons mieux préparés ».

Et de citer notamment : - le renforcement du rôle des organisations multilatérales ; - l'engagement à financer davantage l'OMS pour la rendre plus efficace ; - une orientation internationale pour guider les systèmes d'alerte précoce et les politiques de santé, mais aussi pour s'attaquer aux risques économiques ; - la reconnaissance de l'importance de l'approche 'One Health' ; - la défense d'un système commercial multilatéral (mondial) pour éliminer les interdictions d'exportation ; - la collaboration avec les laboratoires pharmaceutiques pour stimuler l'innovation.

Des engagements financiers pour combler le déficit de financement de 8,5 milliards de dollars d'ACT-A (l'accélérateur d'action) et l'annonce d'initiatives concrètes ont jalonné le sommet.

Soulignant que les pays à revenus intermédiaires n'avaient reçu jusqu'ici que 2% des vaccins produits, Bill Gates avait estimé, lors du pré-sommet avec la participation d'acteurs privés, que deux actions immédiates s'imposaient : « partager les dollars et les doses pour combler le fossé en 2021 ». 

Au-delà de l'annonce de 100 millions de doses au moins que l'UE, ses États membres et ses institutions financières ('Team Europe') donneraient aux pays à faibles revenus et ceux à revenus intermédiaires d'ici la fin 2021, Mme von der Leyen a aussi annoncé une nouvelle initiative pour soutenir des hubs de production de vaccins dans toute l'Afrique.

À l'issue du sommet, elle s'est dite ravie que les laboratoires pharmaceutiques aient promis 1,3 milliard de doses de vaccins cette année pour les pays pauvres - à un prix sans profit pour les pays les plus pauvres et à un coût moindre pour les pays à revenus intermédiaires.

Pfizer a annoncé 2 milliards de doses pour les pays à revenus intermédiaires dans les 18 prochains mois (1 milliard cette année et 1 milliard en 2022), Johnson & Johnson a annoncé avoir passé un contrat avec GAVI pour livrer jusqu'à 200 millions de doses via Covax d'ici la fin de l'année et Moderna 95 millions de doses d'ici fin 2021 et 900 millions pour 2022.

La présidente de la Commission a également salué une étape clé pour une coopération entre tous les gouvernements en vue d'utiliser toutes les flexibilités des accords TRIPS pour permettre un accès équitable aux vaccins. 

Le président français, Emmanuel Macron, s'est dit prêt à soutenir une telle initiative, moyennant un rapport préalable conjoint de l'OMS et de l'OMC.

La France fournira 500 millions € pour ACT-A et « au moins 30 millions de doses de différents vaccins » à Covax d'ici la fin de l'année. « Nous n'avons pas le droit de stocker les vaccins dans certains pays alors que d'autres en manquent. Et il est choquant qu'on commence parfois à vacciner les enfants là où on n'a pas encore commencé à vacciner les plus âgés, les plus fragiles dans d'autres pays », a-t-il estimé.

 Le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a mis en garde contre « le nationalisme vaccinal aux dépens des vies » et a remercié l'UE d'être prête à entamer des discussions sur la levée temporaire des droits de propriété intellectuelle demandée avec l'Inde à l'OMC et soutenue par 100 pays.

 La chancelière allemande, Angela Merkel, a promis 30 millions de doses d'ici la fin de l'année et a insisté sur l'importance « d'augmenter la production de vaccins dans le monde entier, surtout en Afrique ».

Pour sa part, le président du Conseil européen, Charles Michel, a souligné que le futur Traité sur les pandémies, dont il est l'ardent promoteur, pourrait à la fois couvrir la prévention des crises, permettre d'échanger les données scientifiques ainsi qu'assurer qu'à l'avenir, on puisse mieux travailler ensemble sur les mesures restrictives pour garantir les chaînes d'approvisionnement. « J'espère vraiment que les préoccupations pourront être levées », a-t-il dit, conscient de certaines réserves à l'encontre de ce projet.

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a estimé qu'un Traité permettrait des protocoles communs, zéro tarif sur les équipements essentiels, des hubs de recherche, des systèmes d'alerte rapide pour les nouveaux variants des maladies émergentes et réemergentes pour construire « une 'défense collective' ».

La vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, a estimé qu'« une nouvelle ère de la santé mondiale doit être au centre de nos travaux », car, selon elle, la santé mondiale a un impact sur la sécurité mondiale, l'économe mondiale et l'avenir. « Il faut que nous vaccinions les gens », a-t-elle affirmé.

Les États-Unis ont annoncé jusqu'ici 80 millions de doses de vaccins via Covax. Ils ne sont pas enthousiastes pour un traité, à ce stade.

Le président chinois, Xi Jinping, a promis 3 milliards de dollars sur trois ans pour aider à lutter contre la pandémie et soutenir la relance économique.

Au nom de la Présidence du Conseil de l'UE, le Premier ministre portugais, António Costa, a souligné que l'UE était l'un des plus grands contributeurs à Covax et travaille à un mécanisme européen de partage des vaccins. « « La pandémie nous a pris par surprise, mais nous avons appris qu'il est mieux de combattre une pandémie ensemble que séparément. L'UE est prête à négocier un Traité dans le cadre de l'OMS », a-t-il déclaré. 

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué l'engagement à soutenir et renforcer l’architecture mondiale de la santé pour une meilleure réponse et pour renforcer la préparation aux futures pandémies. L'OMS est prête à explorer toutes les voies possibles, y compris un Traité international, a-t-il indiqué.

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a annoncé comme contribution supplémentaire de son pays 52 millions € pour ACT-A et 10 millions € pour la Facilité de financement mondiale (global financing facility).

Le président du Parlement européen, David Sassoli, s'est fait le chantre du multilatéralisme.

« Nous devons explorer des solutions multilatérales coordonnées, qui envisagent non seulement le partage volontaire des licences de production - un outil efficace pour renforcer la production -, mais aussi des formes obligatoires de partage de licences dans le contexte d'une situation d'urgence telle que celle actuelle. La communauté internationale tout entière doit assumer une responsabilité partagée. C'est pourquoi nous soutenons l'appel à négocier un nouveau traité mondial pour renforcer le système commun de surveillance et de réponse aux épidémies ». 

Voir la déclaration de Rome : https://bit.ly/2QCJzxU  (Aminata Niang et Agathe Cherki)

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