« En Europe, l'esprit et les institutions démocratiques s'entraînent mutuellement dans une spirale descendante », avertit Marija Pejčinović Burić, « souvent, le phénomène est antérieur à l'apparition du coronavirus, mais il ne fait aucun doute que les mesures légitimes prises par les autorités nationales pour y faire face ont aggravé cette tendance. Le danger est maintenant que notre culture démocratique ne s'en remette jamais ».
Dans son rapport de 156 pages publié hier, la Secrétaire générale du Conseil de l'Europe se base sur les conclusions des différents organes de l'organisation pour dresser un bilan dans les domaines suivants : institutions politiques et indépendance de la justice, liberté d'expression et d'association, dignité humaine, lutte contre la discrimination et participation démocratique.
« L'image qui se dessine est celle d'une démocratie en détresse », constate-t-elle en appelant à un « Renouveau démocratique », titre de son rapport.
Pour y parvenir, elle encourage les États membres à tirer parti des mécanismes existants et futurs du Conseil de l'Europe sur base des principes clés suivants : - réaffirmation de l'adhésion aux normes juridiques du Conseil de l'Europe (y compris l'exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme) ; - adhésion au multilatéralisme incarné par le Conseil de l'Europe ; - proportionnalité et limitation dans le temps des mesures imposées par la Covid-19 ; - élargissement de la collaboration des autorités nationales avec la société civile.
Le rapport cite de nombreux problèmes concrets liés aux thématiques abordées, avec, notamment, un chiffre éloquent : entre 2018 et 2020, la Cour européenne des droits de l'homme a conclu à une violation de la Convention dans 237 affaires sur 263 relatives à la liberté d'expression.
Lien vers le rapport : https://bit.ly/3eD1vSn (Véronique Leblanc)