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Bulletin Quotidien Europe N° 12698
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Les eurodéputés réservent un accueil prudent au plan d’action de l'UE sur l’agriculture biologique

La commission de l’agriculture du Parlement européen a réservé un accueil prudent, mercredi 14 avril, aux propositions de la Commission européenne pour développer l’agriculture biologique.

« Nous allons atteindre notre objectif », a déclaré avec confiance le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, qui a présenté aux eurodéputés le plan d’action en vue de parvenir à une part de 25% de la surface agricole consacrés à l'agriculture biologique d'ici à 2030 (EUROPE 12686/21).

Paolo De Castro (S&D, italien) et Herbert Dorfmann (PPE, italien) ont insisté sur le besoin, pour atteindre l’objectif, d’augmenter la demande et de trouver des débouchés pour le bio. Pour Krzysztof Jurgiel (CRE, polonais), l’objectif de 25% est « peut-être trop ambitieux pour certains États membres ».

Le commissaire a rappelé qu’actuellement, 8,5% des terres agricoles sont consacrées à l'agriculture biologique. « Si nous extrapolons les tendances actuelles, nous n'atteindrons qu'entre 15 et 18% de toutes les terres agricoles en agriculture biologique d'ici 2030. L'objectif est donc jusqu'à 10% plus élevé que ce qu'une approche ‘business as usual’ permettrait d'atteindre ».

Janusz Wojciechowski a reconnu que les États membres se trouvent à des points de départ très différents. Dans certains d'entre eux, comme l'Autriche, l'agriculture biologique représente déjà plus de 25% de l'ensemble des terres agricoles, tandis que dans d'autres, elle ne représente que 0,5%.

Le commissaire a confirmé que le chiffre de 25% à atteindre constitue une moyenne pour l’UE. Le potentiel de croissance du bio est, selon lui, « important dans les États membres qui sont actuellement à la traîne », comme la Pologne.

Augmenter la demande. Ces 25% posent problème, a admis Herbert Dorfmann. « Rien ne sera possible si la demande ne suit pas », selon lui.

Il faut trouver des débouchés rentables, a dit aussi Ulrike Müller (Renew Europe, allemande).

Sans augmentation de la demande, on risque de mettre à mal la valeur de nos productions, a considéré M. De Castro. Il a insisté, par ailleurs, sur le besoin de ne pas oublier les produits sous AOP et IGP dans la politique de promotion des produits.

Il faudra trouver suffisamment de débouchés, a dit également Gilles Lebreton (ID, français), qui a déploré le risque de distorsion de concurrence avec les produits importés.

L’atteinte de l’objectif de 25% « aura un impact sur notre productivité, notre autonomie alimentaire et sur les prix des denrées », a estimé Anne Sander (PPE, française). 

Le plan d’action est opportun, selon la Clara Aguilera (S&D, espagnole), qui s’est cependant interrogée sur les importations, notamment de fruits et légumes, en provenance de pays tiers.

Instruments financiers. En ce qui concerne le soutien financier au profit du secteur bio, les instruments pertinents de la PAC comprennent les (futurs) écorégimes et les crédits en matière de gestion environnementale dans les programmes de développement rural, a expliqué le commissaire.

Krzysztof Jurgiel et Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) ont suggéré de recourir aux fonds du Plan de relance de l’économie pour encourager la production biologique. M. Häusling a demandé que les moyens mobilisés soient « à la hauteur de l’enjeu ».

Les plans de relance pourront prévoir des mesures en faveur du bio, a répondu M. Wojciechowski. (Lionel Changeur)

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