La France, le Danemark, l'Allemagne, l'Espagne, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni ont lancé, mercredi 14 avril, la coalition internationale « Export Finance for Future » (E3F) pour supprimer les soutiens financiers à l’exportation pour les projets pétroliers et gaziers.
Réunis virtuellement à huis clos, sous la présidence du ministre français des Finances, Bruno Le Maire, les ministres de ces pays ont signé une déclaration de principes pour mieux intégrer les objectifs de la politique climatique dans le financement public des exportations.
« Le financement des exportations est un des leviers décisifs pour lutter avec efficacité contre le réchauffement climatique », a estimé Bruno Le Maire, lors d’un point presse par téléphone, mardi 13 avril.
Les financements export permettent aux autorités publiques de soutenir les entreprises à l’export en fournissant un financement direct ou une assurance contre les risques que les bailleurs de fonds et assureurs privés ne sont pas prêts à assumer pleinement en raison de la situation économique et politique du pays bénéficiaire.
Il y a trois ans, il n’y avait aucune politique publique en faveur du verdissement du financement export. C’est la France, la première, en 2019, qui a décidé de mettre en place une stratégie afin de « cesser de financer ailleurs ce que nous ne voulons plus financer chez nous », a-t-il rappelé.
Principaux engagements
La coalition E3F prend plusieurs engagements. Tout d’abord, les sept pays s’engagent à cesser toute garantie export pour le financement des énergies fossiles en tenant compte des spécificités industrielles de chaque pays et de leur impact sur l’emploi.
Il ne s’agit pas simplement d’interdire, mais aussi de soutenir les projets durables. Ainsi, ils s’engagent à soutenir les projets compatibles avec les Accords de Paris, y compris via des mécanismes incitatifs, comme les bonus climatiques.
Enfin, les signataires de la déclaration promettent aussi d’être transparents sur leurs actions et d’informer les citoyens.
Chacun son calendrier
La déclaration ne fixe néanmoins aucune date butoir commune. La coalition est en phase de construction et, si tous les pays partagent la même ambition de sortir, à terme, de ces financements, ils n’en sont pas tous au même degré de décision politique, a expliqué une source du ministère français des Finances.
La Suède, par exemple, a d’ores et déjà fixé comme date 2022, tandis que la France a fait le choix d’un calendrier étalé dans le temps, jusqu’en 2035. Aux Pays-Bas ou encore en Espagne, il n’y a pas encore de décision en termes de calendrier.
Avis aux pays intéressés
Bruno Le Maire a appelé à ce que d’autres pays rejoignent au plus vite la coalition, avec un appel du pied particulièrement prononcé aux États-Unis. La France entend porter ce sujet à la fois devant ses partenaires européens et au niveau de l’OCDE.
Selon Bercy, ces sept premiers pays ont été sélectionnés, car ce sont ceux qui ont manifesté « le plus d’envie » et qui étaient les plus avancés au niveau politique pour engager leurs gouvernements. À eux sept, ils représentent d’ailleurs 45% de tous les financements de crédits export des pays de l’OCDE.
L’Italie, par exemple, ne figure pas parmi les signataires, car elle ne dispose pas, pour l’instant, d’une stratégie globale sur ce sujet qui corresponde au degré d’ambition de la déclaration de principes ni d’une réflexion assez avancée au point de s’engager au niveau politique, a expliqué cette même source.
La coalition devrait à nouveau se réunir dans les prochains mois et pourrait, à cette occasion, intégrer de nouveaux membres et approfondir les engagements pris.
Voir la déclaration de principes : https://bit.ly/3mNvPfx (Marion Fontana)