Les gouvernements allemand, français et britannique – le E3 – ont fait part, mercredi 14 avril, de leur « grande préoccupation » concernant l’annonce iranienne, la veille, à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), du lancement de l’enrichissement de l’uranium à 60% en utilisant des centrifugeuses avancées, en réponse à l'incident de Natanz. L'Iran estime qu'il s'agit d'un sabotage israélien (EUROPE 12696/24).
« Ceci constitue un développement grave, car la production d’uranium hautement enrichi constitue une étape importante pour la production d’une arme nucléaire. L’Iran n’a aucun besoin civil crédible justifiant un tel taux d’enrichissement », a dénoncé le E3 dans une déclaration.
Ils ont également souligné leurs inquiétudes concernant le projet de l’Iran d’installer 1 000 nouvelles centrifugeuses à Natanz, « ce qui aura pour conséquence d’augmenter significativement la capacité d’enrichissement de l’Iran ».
« Ces annonces iraniennes sont particulièrement regrettables à un moment où tous les participants au plan d'action global conjoint (JCPOA) et les États-Unis ont débuté des discussions substantielles dans l’objectif de trouver rapidement une solution diplomatique permettant de revitaliser et de restaurer le JCPOA », ont estimé les gouvernements, rejetant « toute mesure d’escalade par quelque acteur que ce soit ».
Paris, Berlin et Londres ont donc appelé l’Iran à ne pas compliquer davantage le processus diplomatique, estimant que la communication récente du pays était contraire à l'esprit constructif et à la bonne foi des discussions menées à Vienne. (Camille-Cerise Gessant)