Les élus français du groupe Renew Europe au Parlement européen, Pascal Canfin et Stéphane Séjourné, se sont réjouis, mardi 2 mars, que la bataille politique sur l'application du Pacte de stabilité et de croissance était en passe d'être gagnée par les partisans, dont ils font partie, d'une prorogation - jusqu'à fin 2022 - du gel des règles budgétaires européennes.
« Je pense pouvoir vous dire que c'est la position dominante et que nous avons gagné cette bataille », a déclaré M. Canfin à quelques journalistes, à la veille de la présentation d'orientations en la matière par la Commission européenne.
Maintenir « l'état d'urgence budgétaire » jusqu'à fin 2022 permettra de prendre le temps de revenir à une situation macroéconomique plus normale et d'éviter de répéter « les erreurs de 2009, où nous avions resserré trop vite les boulons », a estimé le président de la commission parlementaire de l'environnement.
Lors de la dernière réunion de l'Eurogroupe, la Commission avait annoncé la présentation, début mars, d'orientations censées guider la réflexion sur les règles budgétaires gelées depuis le déclenchement de la pandémie de Covid-19, au printemps 2020 (EUROPE 12658/2). Une décision formelle n'est toutefois pas attendue avant la fin du premier semestre sur la base de données économiques actualisées, a récemment souligné le Premier ministre portugais, António Costa.
Au-delà du débat sur l'application du Pacte en 2022, « une deuxième bataille » sur la réforme des règles budgétaires s'engagera après les élections législatives allemandes de septembre 2021 et des élections présidentielles françaises du printemps 2022, a indiqué M. Canfin. Selon lui, une majorité politique CDU/die Grünen en Allemagne serait compatible avec les positions françaises en la matière.
Il a évoqué la nécessité d'avoir « des règles communes », « plus intelligentes, dynamiques et prenant en compte la nécessaire transition écologique ». « Il y a plusieurs options pour 'protéger' les investissements s'inscrivant dans de grandes priorités européennes », a-t-il noté, sans faire d'un changement de traité « un juge de paix » d'une réforme du Pacte réussie.
« On a fait énormément à traité constant », a constaté M. Séjourné.
Le groupe S&D sur une ligne identique. Mardi, le coordinateur du groupe S&D au sein de la commission des affaires économiques et monétaires du PE, l'Espagnol Jonás Fernández, a estimé qu'un resserrement des politiques budgétaire et monétaire était inenvisageable tant que l'Europe n'est pas revenue à son niveau économique d'avant-crise.
« Nous ne devons pas risquer d'anéantir les efforts entrepris en tombant maintenant dans le piège des faucons budgétaires, qui réclament une application hâtive et imprudente des règles budgétaires strictes de l'UE », a-t-il déclaré dans un communiqué. (Mathieu Bion)