login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12669
Sommaire Publication complète Par article 17 / 37
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / DÉmocratie

Raphaël Glucksmann plaide pour une volonté politique européenne accrue dans la lutte contre les interférences étrangères

Le président de la commission spéciale du Parlement européen sur les interférences étrangères, Raphaël Glucksmann (S&D, français), a estimé, mardi 2 mars, qu’une plus grande volonté politique européenne était nécessaire pour lutter contre ces interférences.

« La première mesure à prendre, c’est un état d’esprit et c’est d’imposer un coût à ces attaques contre nos démocraties », a-t-il répondu à EUROPE. « Il y a quelque chose qui manque et qui rendra tout inutile, si elle n’existe pas : c’est la volonté politique. La première mesure est d’envoyer des messages politiques beaucoup plus fermes aux responsables des attaques. Les hackers russes n’agissent pas sans un accord politique russe », a-t-il insisté.

« Les acteurs politiques qui décident des attaques pensent, à juste titre, qu’ils ne paieront pas le prix de ces attaques. Et tant que ce prix-là n’est pas payé, les attaques continueront, quelles que soient nos trouvailles législatives pour construire la résilience de nos sociétés », a-t-il ajouté.

L’objectif de la commission spéciale est notamment de « façonner les outils, y compris législatifs », pour mieux protéger l’UE des interférences étrangères. Actuellement, « les moyens que nous avons pour défendre nos démocraties sont très faibles », a regretté M. Glucksmann.

Sandra Kalniete (PPE, lettone), rapporteur sur le sujet, a espéré pouvoir sortir, mi-mars, son document de travail sur le financement d’activités politiques par des donateurs étrangers. Puis, elle espère, autour du 10 mai, présenter un document sur les plateformes en ligne. En juin, elle devrait publier un document sur la résilience institutionnelle et citoyenne. À la rentrée, l'eurodéputée se concentrera sur la rédaction du rapport final, qu’elle espère voir voté en commission en décembre 2021 et au plus tard en mars 2022 en session plénière.

La veille, devant cette commission spéciale, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, avait expliqué vouloir doter l'UE d'outils performants. « On ne part pas de rien. Il y a la boîte à outils cyberdiplomatique (Toolbox) de 2017 (EUROPE 11811/27) pour contrer des activités mal intentionnées dans le cyberespace », a-t-il rappelé, ajoutant qu’il fallait s’appuyer sur les leçons du passé et développer cette boite à outils. 

« On veut être plus capable d'attribuer la responsabilité des campagnes de désinformation pour en tirer les conséquences », a-t-il ajouté. « Comment sanctionner des personnes pour de la désinformation ? Rien n’est prévu dans le droit international », s'est-il interrogé. M. Borrell a estimé qu’il fallait mettre en place un système fondé sur les dommages subis et la proportionnalité.

Mais le Haut Représentant a reconnu les limites de son mandat, expliquant, par exemple, qu’il n’avait pas de mandat pour travailler sur la désinformation chinoise.

Il a aussi souhaité un mandat sur la Russie, la Chine, la Turquie et l’organisation État islamique, car, selon lui, ils sont à l’origine des nouvelles cyberattaques. « Je souhaite agrandir le périmètre de notre action, faire face à tous ceux qui nous attaquent, que l’on ait des outils pour sanctionner, prendre des mesures de rétorsion, il faut refuser le 'par principe' toute impunité », a-t-il plaidé. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19
ACTION EXTÉRIEURE
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
SÉCURITÉ - DÉFENSE
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES