Des députés européens représentant tous les groupes politiques ont dénoncé, mardi 19 janvier, l’arrestation de l’opposant politique russe Alexeï Navalny (EUROPE 12638/14).
À l’occasion d’un débat au Parlement européen avec le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, nombre d’eurodéputés ont appelé l’UE à adopter de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie. « Le respect des droits civils, politiques et humains doit être au centre des relations entre l’UE, les États membres et les pays tiers », a résumé, au nom d’ID, Marco Zianni (Italie), alors que l’Allemand David McAllister, au nom du PPE, a estimé que l’affaire Navalny « affaiblissait les relations entre l’UE et la Russie ».
Selon Isabel Santos (S&D, portugaise), tant que les responsables de la situation de M. Navalny sont au pouvoir, ce dernier restera en prison jusqu’à sa mort. « L’UE et la communauté internationale doivent s’ériger contre cette réalité », a-t-elle appelé, exigeant que les responsables de son arrestation soient sanctionnés.
« L’UE doit avoir une réponse claire et on doit augmenter les sanctions contre ceux qui sont impliqués dans l’arrestation et ceux qui ont donné l’ordre de le faire », a ajouté M. McAllister, rappelant que l’UE disposait depuis décembre 2020 d’un régime de sanctions pour les violations des droits de l’homme.
Witold Jan Waszczykowski (CRE, polonais) a été plus loin, en dressant la liste de ceux qui pourraient être sanctionnés. Il a ainsi estimé que des sportifs, des oligarques ou encore des chercheurs russes qui vivent ou font du tourisme ou des affaires dans l’UE devraient être sanctionnés et que certains biens devaient faire l’objet d’un embargo européen. « La partie de la société russe qui soutient Poutine doit goûter le prix de cette politique impériale de Poutine », a-t-il estimé.
L'Estonien Urmas Paet, au nom de Renew Europe, a plaidé pour des mesures liées à l’énergie. Lors du débat, plusieurs députés ont appelé à des mesures à l’encontre du gazoduc Nord Stream 2.
En réponse, le Haut Représentant de l’UE a rappelé que les sanctions se prenaient à l’unanimité et que la Commission ne pouvait pas empêcher la réalisation de Nord Stream 2 - un projet privé - si l’Allemagne donne son accord. M. Borrell a également souligné que l’ensemble des relations entre l’UE et la Russie ne pouvait se réduire à la situation d’Alexeï Navalny, mais que l’UE continuerait de réagir à cette situation.
Le Conseil 'Affaires étrangères' du 25 janvier pourrait revenir sur la situation. (Camille-Cerise Gessant)