Les eurodéputés ont défendu, lors d’un débat, lundi 18 janvier en séance plénière, la fin de la surpêche et l’extension des aires marines protégées.
Caroline Roose (Verts/ALE, française), rapporteur sur la pêche durable, a rappelé que davantage de poissons dans les mers, « c’est aussi permettre aux pêcheurs de continuer à pêcher, et ce sur le long terme ».
RMD. Elle rappelé que l'UE devait atteindre en 2020 « le bon état environnemental des mers » et le rendement maximal durable (RMD). Or, les objectifs fixés ne sont pas atteints, a regretté Mme Roose. La situation en Méditerranée est alarmante, mais Virginijus Sinkevičius, le commissaire à la Pêche, a noté des progrès grâce au plan pluriannuel de gestion des stocks démersaux en Méditerranée occidentale.
Mme Roose souhaite aller plus loin en proposant d’étudier la pertinence du RME (rendement maximum économique), plus ambitieux que le RMD, pour protéger les stocks. Un avis que ne partagent ni le commissaire ni certains députés, comme Gabriel Mato (PPE, espagnol).
Le Français François-Xavier Bellamy, au nom du groupe PPE, a souligné l’urgence d’agir en faveur d’une pêche « raisonnée, maîtrisée et respectueuse de l’environnement ». Il a critiqué les effets néfastes des ‘dispositifs dérivants de concentration de poissons’ utilisés pour capturer les thonidés.
Aires marines protégées. Mme Roose a relevé que beaucoup des aires marines protégées en Europe « ne sont protégées que sur le papier : aucune surveillance, des plans de gestion incomplets, quand ils existent ». « Alors que nous nous targuons d’avoir protégé 10% des mers européennes, moins de 2% sont effectivement protégées », selon des ONG.
La stratégie biodiversité de la Commission fixe comme objectif que 30% des eaux européennes soient couvertes par des aires marines protégées avec un niveau de haute protection.
Le commissaire a aussi proposé « d’étendre notre réseau de zones marines protégées, d’améliorer leur gestion et de s’attaquer à d'autres facteurs environnementaux, au-delà de la pêche, qui menacent nos stocks de poissons ».
Il a plaidé aussi pour la surveillance des prises accessoires d'espèces sensibles comme les marsouins et les dauphins. « Les prises accessoires doivent être éliminées ou, lorsque ce n'est pas possible, réduites au minimum afin de ne pas menacer l'état de conservation des espèces », a insisté Virginijus Sinkevičius.
Isabel Carvalhais (S&D, portugaise) a demandé une surveillance efficace des zones marines protégées, lesquelles « ne sont pas incompatibles avec l'existence de certaines activités de pêche plus sélectives ayant moins d'impacts négatifs sur l'environnement ». Elle a suggéré la mise en œuvre d'objectifs ambitieux pour le pourcentage de zones marines à protéger, comme le recommande la stratégie sur la biodiversité pour 2030.
La protection de 30% de nos eaux devrait être juridiquement contraignante d'ici 2030, a déclaré Grace O’Sullivan (Verts/ALE, irlandaise).
La Commission devrait présenter en 2021 un plan d’action pour la conservation des ressources halieutiques et la protection des écosystèmes marins ; et l’évaluation de la politique commune de la pêche (PCP) va bientôt commencer.
Lien vers le rapport déposé : https://bit.ly/3qvERyk (Lionel Changeur)